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Dernières mémoires du Troisième Âge
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Pierrot
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Dernières mémoires du Troisième Âge
«
le:
2009-06-23, 18:24:08 »
[ HRP : Vous pourrez ici faire des posts, si le coeur vous en dit, relatant la fin de vos personnages.
]
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somazeen
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #1 le:
2009-06-25, 09:57:33 »
Une vie pour une vie...
Ferlond n’avait jamais compris cette expression... Jamais jusqu’à maintenant.
Il comprenait maintenant ce qu’avait ressenti la personne à qui il avait pris la vie pour la sienne...
La morsure du fer était saisissante. Et la chaleur du sang qui coule apaisante.
Il regardait le ciel assombri. Autour les soldats se battaient avec hargne pour leur Cité.
Ferlond, non ! Phoren se souvenait vaguement de ce qui s’était passé.
L’attaque, la Garde qui s’oppose à l’ennemi. Il s’était mis à courir. Pas pour éviter la guerre, mais pour y participer. Il était arrivé à la banque, qui avait été vidée de toute présence humaine. Il s’était jeté derrière le comptoir et avait farfouillé tous les coffres en essayant sa clef dans toutes les serrures, quand, miracle ! l’un des coffres s’était ouvert. Il avait déposé sa hache et ses bûches, et avait sorti du coffre une tunique et un pantalon de mailles qu’il avait enfilé sans pudeur. Il avait aussi sorti ses longues bottes qu’il avait chaussé, ainsi que sa tunique couleur rouge sang, autour de laquelle il avait bouclé sa ceinture sur laquelle était attaché le fourreau de sa lame. Fixant son bouclier à son bras droit, il avait cavalé jusqu’au champ de bataille, où il s’était battu avec toute la fougue de sa jeunesse.
Ses cheveux attachés volaient au fil de ses coups, et sa petite barbe était rougie par son sang, qui coulait de son front où il avait reçu un coup, quand il s’était stoppé net. Tournant légèrement la tête il avait vu le rictus mauvais sur le visage de l’orque à côté. Cette hideuse peau verte l’avait empalé à sa lame. Un puissant coup sépara la créature de sa tête, qui roula par terre.
Phoren en avait fait de même.
Il aurait voulu se débattre pour vivre, mais le souvenir de Bree lui était revenu. Il avait pris la vie d’un homme pour préserver la sienne. Il le payait aujourd’hui. Ses yeux se fermèrent, son souffle se stoppa, son cœur s’arrêta de battre, lentement.
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Brachan
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #2 le:
2009-06-28, 01:27:12 »
Une vie de Snaga est rude, brève et éphémère. Golburg l'apprit à ses dépens.
En se levant ce matin-là et en sortant de la grotte douillette où se blotissaient les Maraudeurs pour passer la nuit, Golburg avait relâché sa vigilance habituelle. Encore à moitié endormi, il se leva pour préparer le gruau matinal et sortit de la réserve quelques morceaux de viande crue qu'il devait apporter aux autres. Au moment de servir Couross, un geste maladroit le fit trébucher et renverser le contenu du plat sur la tête de l'orque musculeux. La viande tomba à terre, dans un excrément de warg. Elle serait moins bonne désormais. Les Maraudeurs ne surent jamais si Couross agit comme il le fit en raison du jus saumâtre qui inondait son visage au reveil ou pour le gâchis de nourriture mais peu importait. N'importe laquelle de ses deux raisons était suffisante. L'orque se leva furibond agrippant sa masse dans le même temps, et l'abattit brutalement sur le crâne de ce pauvre Golburg dont les derniers mots furent:
"Non gentil maître, pas sur la tê... ARGHH"
Ainsi finit Golburg, le snaga des montagnes. Son corps fut dépecé et donné aux wargs affamés. Dans les montagnes du Nord, le gibier est rare, surtout en hiver et aucune nourriture ne se perd.
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Pierrot
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #3 le:
2009-06-29, 00:16:16 »
Le soleil était caché, des nuages noirs semblaient former une voûte au-dessus d'eux... Le temps était lourd, si bien qu'on pensait que les nuages retombait sur Umbar, la Cité du Destin. Le tonnerre commençait à gronder, et un groupe d'une cinquantaine d'individus approchait. A leur tête, une silhouette sinistre montée sur un destrier dont le corps partiellement armuré luisait à la lumière des torches que les suivants portaient.
Ils s'arrêtaient à une demi-lieue d'Umbar et on put reconnaitre en eux des Orques, alors que l'homme avançait au pas... On reconnut rapidement en lui un Lieutenant de Barad-dûr. Ces hommes n'étaient pas appréciés, car ils apportaient souvent de mauvaises nouvelles et représentaient la mort, la némésis des Núménoréens Noirs. Au nom de Sauron, il appelait l'Umbar à rallier son armée et à attaquer Gondor, en commençant par prendre Pelargir; le plus grand port et la plus grande cité commerciale que comptaient les Gondoriens. La nouvelle se répandait dans la cité comme un murmur, leur vengeance était appelée à se réaliser... Certains imaginaient déjà le Gondor en flammes, d'autres avaient peur pour les marins qui prendraient la mer sans jamais revenir... Et d'autres encores réfléchissaient déjà à l'organisation nécessaire.
Des bâteaux rapides furent envoyés en mer afin de ramener à Umbar les navires de guerre et des cavaliers montés en petits groupes partaient ramener à Umbar les troupes laissées en Harondor. On négociait dans la cité les prix des mercenaires, de la nourriture et même, pour les plus avides, on parlait déjà du partage des terres que les suderons partageraient, avec le Mordor et entre eux. Lautorhion resterait donc à Umbar afin d'assurer les arrières des Corsaires pendant leur absence : le Conseil ne leur était pas favorable, et l'absence de la majorité d'entre eux était une belle occasion pour eux de reprendre leur influence. Il avait ordonné aux Corsaires ce rassemblement, on n'avait jamais vu Umbar grouiller comme alors. On remplissait les navires, d'armes, de munitions, de nourriture, de rhum et d'hommes - esclaves, combattants, marins et hommes en charge de l'entretien général.
Le Seigneur des Havres avait confié à Eralla le commandement de ceux qu'on nommait, au nord, les pirates. Elle était étonnée mais n'en dit rien... N'était-ce pas là une preuve de confiance en plus d'un moyen de définitivement montrer ses talents ? Les autres Grands Capitaines avaient été forcés de se plier à ce choix, car il n'était pas aisé de refuser au Seigneur Corsaire à deux têtes son appui, surtout lorsque le Conseil d'Umbar l'appuyait totalement ainsi que le Mordor.
Les navires partirent le jour prévu, le vent soufflait dans les voiles et nombre de marins crurent entendre le murmur de leur femme, ou des avertissements d'Uinen... Mais aucun ne pouvait faire machine arrière. Ils arrivaient à proximité de Pelargir et il faisait nuit. Leurs torches étaient éteintes, ils étaient silencieux, mais leurs grands mâts et le bruit de leurs navires même trahissait leur présence, leur avancée. Ils pensaient aux vols, aux meurtres, aux rapts qu'ils avaient commis lors des précédents pillages de Pelargir. Cette fois, la prise de la cité serait rapide... Ils étaient en surnombre considérable, et ils s'étaient préparés à cela pendant des mois, des années. C'était l'aboutissement de leur parcours respectif.
La garde gondorienne de Pelargir s'organisait rapidement ; elle était habituée à ces attaques, mais cette fois le nombre était inhabituel. Ils résistaient quelques heures, mais l'avancée des Corsaires et des mercenaires qui les accompagnait était inexorable. Ils encerclaient la cité en même temps que l'autre partie poussait la Garde et la populace jusqu'aux murailles. Ceux parmi les hommes du sud qui ne se battaient pas pillaient déjà les maisons, brûlaient ce qu'ils pouvaient brûler. Peu de gondoriens avaient pu survivre. Les navires avaient ancré leurs amarres, on avait attaché les cordes aux attaches du port ou aux arbres les plus proches.
Les hommes s'amusaient avec les femmes et les richesses qu'ils venaient d'acquérir, festoyaient et soignaient les blessés. Le lendemain, les fortifications commençaient du côté ouest de la cité; le côté est n'était pas prioritaire, Minas Tirith aurait déjà fort à faire avec le Mordor... On voyait déjà, à l'ouest, de la poussière de soulever... Le vent la portait jusqu'à eux. L'armée avançait, ils couraient... Si ce n'était leur taille, on aurait cru qu'ils étaient montés sur des chevaux frais.
L'amée étrange, porteuse de mort, s'arrêtait à une portée d'arcs, et une trentaine d'hommes marchait pour avancer jusqu'à eux. A leur tête, un homme dont le visage était noble et marqué par le vécu sans qu'il sembla vieux pour autant, levait une paume vers le ciel en signe de paix. Une fois à mi-distance entre son armée et les murailles pleines d'hommes, il parla d'une voix forte, claire et déterminée :
"Je suis Aragorn fils d'Arathorn, descendant d'Isildur. Rendez-vous !"
Seul son écho lui répondit. Le nom d'Isildur leur évoquait quelque chose, mais était une bien plus petite source de crainte que l'armée qui était derrière lui... Il retourna auprès de l'Armée des Morts, leva son épée et chargea, suivi de tous. Les premières fortifications de fortune tenaient pendant quelques minutes, tous les Corsaires occupaient le versant ouest de Pelargir. La porte céda, le futur Roi avançait suivi des fils d'Elrond et du reste de ses hommes; ils attaquaient, un duel était prévisible. Leurs tenues respectives les désignaient clairement comme chefs respectifs des deux factions, deux demi-cercles se formaient, l'un était composé des hommes de Dunharrow ainsi que d'Elladan et Elrohir; l'autre était formé de Coupe-Gorges Corsaires. Aragorn et Eralla duellaient au centre de ce cercle silencieux, alors qu'en dehors de ce même cercle le combat faisait rage. Le duel se termina lorsqu'Andúril trancha la gorge du Lieutenant Corsaire, et au même moment Intalir perçait les défenses de la muraille de Pelagir, accompagnée de Ruster et de l'autre partie de la Compagnie Grise.
L'armée pénétra rapidement dans la cité, les Corsaires furent tués sans rédition possible... Seuls quelques navires, qui avaient commencé à se remplir dès que l'armée ennemie approchait, purent s'échapper et ils rentrèrent apporter la nouvelle à Umbar. Les autres navires furent utilisés par Aragorn et son armée, pour soutenir Minas Tirith...
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #4 le:
2009-06-29, 10:17:57 »
La guerre est un fléau.
Nombreux sont les hommes y sacrifie leur terre, leur famille, leur vie... Nombreux y trouve pourtant leur compte.
Ce fut le cas du chasseur de prime Dellevian pour qui les conflits allaient nourrir son cheval et garder son bras puissant. L'or coula entre ses doigts sans jamais s'y éternisé. Il fit le mal pour les bonnes raisons... et le bien pour les mauvaises. La guerre des anneaux s'abbatit sur le Rohan et le Gondor et Dellevian oeuvra de conivence avec les cavaliers renégat d'Eomer afin de transporter des vives aux clans de réfugiés au travers des plaines du Riddermark.
Il vécu paisiblement dans les années qui suivirent, jouissant d'une tranquilité d'esprit qu'il n'aurait plus cru capable... Mais certains hommes ne sont pas fait pour la paix.
Rapidement, il forma avec d'autres anciens mercenaires pour qui la vie de fermier ne fonctionnait pas, des bandes de pillards...
Dellevian chuta atteint d'une fleche pres du coeur... il se hissa hors du combat, rempant jusqu'à la rivière la plus proche où il mourru de sa blessure.
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I saw pale kings and princes too, Pale warriors, death-pale were they all;
They cried--"La Belle Dame sans Merci hath thee in thrall!"
I saw their starved lips in the gloam, with horrid warning gaped wide,
And I awoke and found me here, on the cold hill's side.
And this is why I sojourn here alone and palely loitering,
Though the sedge is withered from the lake...
...And no birds sing.
- La Belle Dame Sans Merci by W.B. Keats - 1819 -
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #5 le:
2009-07-05, 15:07:31 »
Les soldats tombaient les uns après les autres. La hallebarde d’Aglahadzîr formait un arc de cercle mortel, tandis que les défenseurs de Dol Amroth se ruaient sur lui.
Un court répit lui permis d’observer Eralla se battre. Il faisait partie de son, équipage et en était fier. Bien que ce soit une femme, elle était des meilleurs capitaines.
Un revers de lame le tira de ses rêveries. Agla sauta en arrière et lança sa hallebarde dans l'épaule de son assaillant, lui fendant ainsi la clavicule.
Après quelques efforts, il dégagea son arme, puis vérifia si aucune de ses affaires n'avait été abimée.
Il s'était vétu simplement. Une tunique de tissu en cachait une de mailles, de longues bottes cachaient presque entièrement son pantalon de mailles. A sa ceinture pendait une flamberge et une dague. Le reste se trouvait à bord du navire.
A ce moment apparut un homme. Son visage était masqué par une capuche. L'inconnu dégaina une lame de sa main gantelée, et la pointa dans sa direction.
Luinorn jubilait. Il avait retrouvé l'assassin.
Sans un mot, les deux opposants se mirent en garde.
Pour le Corsaire, ce serait vite terminé. Il lança son arme avec violence sur l’encapuchonné avec violence. Luinorn fut étonné par tant de puissance et de rage de la part de quelqu’un qu’il jugeait pleutre. Un bond en arrière lui permit d’éviter la mort, mais la hallebarde emporta une partie de sa cote de mailles, et finit par se planter au sol.
Sa lame étant trop courte pour toucher son adversaire, il concentra son attaque sur la hallebarde, dont le manche se fracassa.
Sans attendre, Agla dégaina flamberge et dague. Ses armes ne pouvant pas contenir une épée, il ne laissa pas à son adversaire le temps d’attaquer. Les lames étant assez courtes, ses attaques s’enchainaient avec une cadence monstre.
Les coups ne présentaient pas une menace, mais elles empêchaient Luinorn de riposter.
Tantôt parant, tantôt esquivant, Luinorn cherchait un moyen de porter une attaque à son ennemi, tandis qu’un fil de sang coulait sur son abdomen.
Un moyen. Une ouverture. Un simple relâchement. Cétait tout ce que Luinorn souhaitait de la part de son ennemi pour mettre un terme à cette passe d’armes.
Agla fatiguait. Toutes ses tentatives échouaient. L’encapuchonné lui tapait sur les nerfs.
Chacun cherchait un moyen. C’était la course à l’idée. Et le Corsaire remporta cette course.
Un bond en arrière lui permit de se dégager et de lâcher sa dague. Sa main vide empoigna une poignée de terre qu’il envoya dans le visage du Dúnadan. Luinorn porta la main à ses yeux pour les nettoyer. L’assassin en profita.
La lame s’enfonça dans l’abdomen dénudé.
L’impact ôta à Luinorn sa capuche. Agla riait.
La blessure mortelle ainsi que la terre rendirent la vision du Nordiste floue. Une image lui revint. Un souvenir douloureux. Son fils, Phenn. Une lueur dans les yeux...
« PHENN ! »
La lame d’Airain fendit presque l’homme en deux.
Tandis que tous deux s’effondraient, la vie les quitta en même temps...
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #6 le:
2009-07-06, 15:11:21 »
Cela faisait 6 que Hillod travaillait pour la flotte corsaire. Cependant, quand la guerre de l'anneau fut lancé, Hillod, qui était d'origine gondorienne n'avait pas le goût de prendre part à n'y une n'y l'autre des camps. Il quitta donc Umbar pour aller se rendre en Arnor, où il prit domicile à Bree. Pendant deux ans, il vivait de la fortune qu'il s'était fait auprès des corsaires. Cependant, l'or commencait à manquer. Alors, lui et ses 3 amis de Bree, tout aussi malhonnête que lui, se planifièrent un braquage de la banque de Bree. Ils étaient un peu vieux pour ces choses là mais l'expérience que Hillod avait aquis durant sa jeunesse était encore là. C'est enfin que durant une journée brumeuse d'Arnor, les 4 amis s'avancèrent vers la banque de Bree avec leurs épées et haches à la main.
-Tout le monde! Les main en l'air c'est un cambriolage! Laissez nous faire notre travail et tout ira bien. Dit Hillod au banquier et au trois personnes qui était dans la banque.
Un voleur guettait la porte, deux autres maitrisaient les hottages, tandis que Hillod remplicait les sacs. Le vol finit ils sortirent en trombe de la banque les sacs plein d'or. Cependant, pendant sa course, Hillod recu une flèche dans le dos venu d'un garde de Bree. Il tomba lourdement au sol et mourra presque une minute après.
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #7 le:
2009-07-06, 22:39:31 »
Couross était en fuite. Pour une des rares fois dans sa vie, le géant tatoué du nord était terrifié. Les forges industrielles de Lugburz s'était éteinte depuis maintenant 3 années, et à cette nouvelle, il avait cru avoir bel et bien échappé à son emprise, lui qui s'était exilé en terres nordiques suite à l'échec de leur cohorte contre les Lossoths.
Il serra contre lui l'amulette qu'il avait dérobé au cadavre de son capitaine avant de le dévorer. De cet objet il ne connaissait rien, seulement qu'elle devait aider les forces du Mordor à étendre l'hégémonie de sa puissance et qu'elle fut remise au capitaine par un des Neufs. Des ombres le poursuivaient désormais dans la nuit la plus profonde qu'il n'ait jamais connu.
Étourdi par l'effort, il se forca à ralentir pour reprendre son souffle et ses esprits.
Où aller?
Il n'avait même plus le moyen de s'orienter dans cette noirceure maléfique. Il grinca des dents et s'arreta complètement pour tenter de sonder l'environnement. Une forêt opaque et nordique. Des conifères. De la neige. Une cacophonie d'oiseaux nocturnes et le bruissement des branches soulevées par le vent. Un loup solitaire hurle...
... puis le silence.
Couross prit une grande respiration pour se calmer et fit lentement glisser la hache géante de son dos. Même lorsqu'elles furent à deux doigts de lui, l'orque ne vit jamais les ombres muette qui le hachère menu.
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #8 le:
2009-07-07, 01:59:04 »
A l'aube de l'éveil du Mordor, Kholeas sera mit aux arrets pour le meurtre d'une serveuse. Ce dernier plaidera coupable pour le meurtre, il menera la garde ou il avait enterrer le corps. Kholéas sera pendu sur la place publique. Beaucoup ce déplacèrent pour voir l'éxécution cherchant a comprendre comment un homme aussi gentil et bon pouvait etre coupable de meurtre alors qu'il avait tout fais pour préserver la vie des hommes. La dépouille de Kholéas fut bruler dans l'annonymat et les titre de noblesse furent retiré a son fils. A la mort de Kholéas Ataron pris sous son aile le jeune fils de son meilleur ami.
Quelques jours après la pendaison, un magistrat relus le dossier et trouva certaines preuves qui n'avait pas été tenu compte l'hors du procès. Après un mois d'enquête le magistrat vint a la conclusion que Kholéas avait été victime d'un coup monté... La preuve résidait dans une fleur noir retrouver sur la scène du crime. Il en informa immédiatement le lieutenant Ataron et avec son aide ils restiturent les titres de noblesses au fils de Kholéas. Une courte cérémonie privé eut lieu en mémoire de l'homme qu'il était.
Et comme toujours:
http://www.turambar-uo.com/smf/index.php?topic=11958.0
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Tevaldo;
Trouva la mort durant la grande bataille. Sa dernière vision fut Eralla qui combatait Aragorn... Il s'endormit heureux et fier d'avoir vécus une aussi belle vie. Tevaldo du etre le seul mort avec le sourrire.
Khaela-Khan;
Elle trouva un bon époux avec qui elle diriga son clan a la mort de son père. Elle mit au monde trois enfant et deux jumeaux. Elle trouva la mort dans un accident de chasse. Son mari ce suicida a la suite. Seuls le plus vieux de la famille survécus pour trouver la mort durant la guerre de l'anneau.
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Jarek d'Akallabêth,
Sire Khébras magistrat-adjoint d'Umbar.
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
«
Répondre #9 le:
2009-07-07, 17:30:21 »
Des fleurs étaient lancées devant les nombreux soldats étincelant par leur armure, épée au fourreau, qui chevauchaient leur monture pour quitter Minas Tirith. Le Lieutenant au devant de ses hommes, apposait son regard sur chacun des citoyens s'étant déplacé pour leur départ. Il reconnaissant de nombreuses gens, le tavernier ayant pris sa retraite il y a maintenant 2 ans, des amours perdus, des gens qu'Ataron avait côtoyé alors qu'ils étaient dans la fleur de l'âge, mais maintenant incapable de tenir une seule arme, sa femme Arwyn, entourée de leur deux enfants en plus du jeune garçon de Kholeas ainsi que d'Ethan, qu'Ataron avait protégés et choyés comme ses propres fils durant le peu de temps qu'il en avait eut la garde respective. Il avait même fait promettre à Arwyn que s'il devait lui arrivé malheur, elle remettrait la deuxième partie de la demeure au jeune fils de Kholeas.
Ça y est, la guerre que tous attendait, redoutait, mais savait inévitable était commencée. Après avoir eut une pensée pour les gens qu'il aime, le Lieutenant fixait maintenant la panoplie de créatures qui pouvait lui faire face. Jamais il n'avait vécu une situation pareille, où seule la chance définirait qui rentrerait au près des leurs lorsque tout serait terminé, enfin, si tout se termine de la façon souhaitée...
L'assaut fut sonné, et la lame du Lieutenant se plantait dans la chaire devenue molle de nombreux orques. Des hommes de son unité tombaient au combat juste à ses côtés, mais rien ne devait le déranger s'il voulait espérer vivre, ne serait-ce que trente secondes de plus.
La guerre achevait, les troupes semblaient rétrécir des deux côtés. Le Lieutenant ne pouvait que continuer à parer les coups et à répliquer, jusqu'à ce qu'il ait le malheur de croiser le regard vide d'un de ses hommes qui tombait suite à l'attaque d'un orque. Le Lieutenant ne pouvait se détacher du regard du sous-officier, on aurait dit que ce dernier lui priait de l'aider... Ces quelques secondes qui parurent une éternité, furent de trop, puisque le Lieutenant reçu une lame bien portée directement à la hauteur des côtes sur le côté. Il fléchit un instant, genou au sol, essayant de respirer tant bien que mal, puis poussant un crie d'effort ultime, se releva et transperça le premier orque qui lui faisait face, puis un deuxième et enfin, il retomba, la vision embrouillée. Il senti des pressions sur ses bras, comme si on l'empoignait, la dernière vision qu'Ataron avait de ce massacre, fut de voir ses jambes trainer au sol, accompagnées d'une fine ligne de sang qui dégoulinait de son propre corps, l'éloignant de l'action pour ainsi dire.
Quelques jours plus tard, le Lieutenant se réveilla, la vision toujours aussi trouble, et sans la moindre force dans ses membres, surement toujours drogué par les soins qu'il avait pu recevoir depuis son arrivée aux maisons de guérison. Il tourna la tête et y vit ses deux fils, celui de Kholeas et Arwyn. Il eut un mince sourire et une larme coula lentement sur sa joue gauche.
Ses fils, ignorant bien ce qu'il avait pu traverser pour le moment, lui sautèrent dans les bras et lui confirmèrent que Minas la Blanche était sauve. Il les embrassa, et en profita pour dire à son fils ainé de prendre sa lame, puisqu'elle lui revenait maintenant, puis fit signe au fils de Kholeas de s'approcher, et lui tendit l'ancienne chevalière de son père qui se trouvait toujours autour du même collier. Ataron l'avait gardée dans la poche de son surcoat trop longtemps et il était maintenant temps qu'elle retourne entre les mains de la famille de noblesse. Puis Arwyn s'approcha, larmes aux yeux et se souciant peu de la douleur, Ataron se redressa quelques peu afin de profiter de ce long baiser.
Le maitre guérisseur entra soudainement, priant la famille de laisser le Lieutenant, puisqu'il devait recevoir d'autres soins. Néanmoins, son fils ainé resta non loin de la pièce. Certes le bruit des nombreux mourants se trouvant dans les pièces voisines le dérangeait, mais rien ne pouvait le déranger assez pour qu'il détourne son regard de la lame qui lui avait été transmise. Puis une femme entra voir le Lieutenant, après avoir prier le guérisseur, qui lui accorda deux minutes...
Le Lieutenant ouvrit les yeux, la femme qui lui était jusque là inconnue s'approcha lentement et murmura simplement: «Il est temps que je termine ce que mes parents commencèrent...»
Le Lieutenant fronça les sourcils et fixa le regard de la femme... Ce n'était pas possible, la même hargne, détermination, voir folie y résidait que dans celui d'Earin Shad. La femme planta une mince aiguille dans le cœur de l'homme toujours affaiblit, puis recula. Le Lieutenant venait de pousser son dernier souffle, mourant d'une hémorragie interne... La femme était restée le voir mourir, satisfaite. Puis se retourna et partie lentement, d'un air libéré.
Le fils ainé d'Ataron rentra le voir, mais son père venait de mourir, le cœur débordant d'émotions, le futur homme poursuivit la femme, ayant toujours l'aiguille sur elle, d'un pas déterminé, le bruit des mourants enterrant tout soupçons, et la transperça de dos avec la lame de son défunt père...
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http://zelphalya.free.fr/turambar/gondor/
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #10 le:
2009-07-07, 19:37:52 »
La descendance d’Asha
Châpitre 1 Yoni
La jeune femme mettait la table. Son début de grossesse était à peine visible. Si elle avait gardé son sourire, son entrain souffrait de fatigues soudaines et de chutes de tension qui l’obligeait à rester fréquemment au repos.
La « réunion de famille » qui s’annonçait, elle le savait, n’était pas ordinaire.
Saïta était arrivée tôt dans la matinée et aidait sa fille. Ethryl jouait dans un coin avec le chat. Le fils adoptif de Saïta était devenu un beau jeune homme blond. Il n’y avait plus guère de traces du gamin des rues d’autrefois dans ses allures d’érudit un brin dandy. Nobtu arriva enfin, en retard. Il résidait provisoirement au Gondor, et son épouse y avait mit au monde un petit garçon quelques mois auparavant.
Le repas fut copieux. Saïta plaisanta sur le contraste que formait le géant noir qu’était Nobtu et la blonde gondorienne toute menue qu’il avait épousée. le bébé babillait gaiement. Tout le monde mangea comme quatre.
Puis le tour de la conversation devint plus sérieuse. L’exode des gens de Nobtu se passait bien, mais les rapports de ses éclaireurs étaient alarmistes…
« Le sud bouge de plus en plus. Ce n’est plus qu’une question de mois…
- Et Minas Tirith sera en première ligne…" ajouta Saïta…
Elle regarda sa fille.
« Il ya une caravane qui part pour le nord demain…
- Tu veux… que je parte ?
- Ma fille si tu étais en état, je ne pourrais pas t’interdire de te battre. Mais tu n’es plus toute seule… Je prends la liberté de t’ordonner de prendre cette caravane.»
Nobtu acquiesça. La décision avait été prise bien avant qu’on lui en fasse part. Mais Yoni ne s’en formalisa pas. Elle comprenait parfaitement la logique de tout cela…
Le lendemain, la fille de Saïta montait dans une charrette en route pour le long lac, en compagnie desa tante et son cousin.... Alors qu’elle allait passer le mur du Pelennor, elle se retourna et regarda la cité. L’ombre du Mindolluin la couvrait toute, à cette heure…
Et c’est ainsi que, pendant que le sort des peuples libres se jouait dans les champs du Pelennor, la jeune femme livrait une autre bataille, en serrant les dents sous les contractions…
(HRP : A suivre...)
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #11 le:
2009-07-07, 20:07:53 »
[ Suite au texte d'Ataron ]
Lothavia eut le souffle coupé. La lame perca son poumon la laissant sans voie. Ses jambes ce dérobèrent doucement sur elle et sa vue ce troubla. Son esprit s'affolait a chercher l'erreur qu'elle venait de commetre. Le fils d'Ataron tourna la lame broyant ainsi l'enveloppe du coeur et la retira d'un mouvement sec. Lothavia s'éffondra... le temps continua de vivre alors qu'elle mourrait c'était tellement injuste elle si jeune, si belle et si intelligente...
Le fils de Kholéas accourue et chercha a sauvé la jeune fille mais les blessures était mortelle.
Le fils d'Ataron et lui ce regardèrent longuement... comme l'avait fait leurs pères il y a des années dans une situation semblable...
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #12 le:
2009-07-18, 15:45:49 »
Allongé dans son lit, le vieil homme observait un aigle-de-mer effectué un vol solitaire par la fenêtre de sa cabine. L'oiseau de proie suivait l'embarcation depuis deux jours, au grand damne de l'équipage, pour qui cette compagnie avait tout d'un mauvais présage. Il bloqua le soleil du revers de sa main alors que le volatile changeait de cap, révélant le cou écarlate traditionnel chez le mâle de cette espèce. D'un battement d'aile, il disparu de sa vision.
Le vieil homme ferma les yeux et poussa un léger soupire, se laissant réchauffer dans la lueur des rayons.
La journée était déjà bien amorcée et il entendait s'affairer l'équipage du
Cir
gondorien sur lequel il avait prit place, un navire lent mais stable, tout désigné pour le long voyage qu'ils avaient entrepris il y a une semaine. Une voix s'éleva non loin de sa porte, celle du capitaine. La voix du capitaine était toujours celle que l'on apprenait à reconnaître en premier...
« Va lui dire que Pelargir est en vue que nous serons au port de l'Académie un peu après la mi-journée. Le plus tôt je le virai de ce vaisseau, le mieux je me sentirai. »
Plus d'une vingtaine d'années avaient passées depuis ce qui était désormais connu sous le nom de la Guerre de l'Anneau. Sa réputation demeurait sombre pourtant. Autrefois l'ennemi à abattre pour toutes les villes côtières au nord de l'Harnen aussi loin que l'Anfalas, Lautorhion Eskèrior'ëo, ancien Grand Capitaine Corsaire des Havres d'Umbar, avait abandonné ses activités guerrières contre le Gondor à la suite de la défaite subie aux mains du Roi Aragorn Elessar et de ses alliés. La situation à Umbar aux suites de la perte de la plus grande partie des flottes corsaire dégénéra rapidement. Le chaos gagna la cité et une guerre civile éclata entre les différentes factions. Certains prirent la fuite, d'autres résistèrent à ceux qui optèrent pour la soumission. Lorsque l'hégémonie du Gondor fut aux portes de la ville, Umbar céda en quelques jours. Telle était la confusion derrière les murs de celle qui avait autrefois été connue sous le nom de « l'Insoumise ».
Lautorhion ne fut pas le premier à ce prosterner alors et il se sectionna du Conseil pour œuvrer contre eux, mais lorsqu'il finit par plier le genou, nombreux sont ceux qui dirent que c'est à ce moment précis que la cité passa bel et bien sous l'influence du Gondor, alors que les registres d'histoire préfèrent la remise du Sceptre de Numenor au Roi par le Conseil des mois avant l'abdication de la Mouette Brune. La guerre civile ne se termina pas pour autant... pas vraiment. Les autorités Gondoriennes, sous l'avis du Conseil d'Umbar, firent alors appel à Lautorhion pour qu'il rallie les principales poches de résistances qui continuaient à combattre avec férocité.
C'est ainsi que Lautorhion s'illustra lors de plusieurs batailles dont « la Nuit des Noyés » et plus particulièrement « la Grande Purge » qui vit l'ancien Grand Capitaine pourchassée les dernières menaces pirates des mers du Sud. Ces mérites furent ses derniers, car Lautorhion servit ensuite le Gondor au sein des instances politiques locales pendant de longues années, pacifiant les régions avoisinantes par la diplomatie et participant activement à l'essor de la cité à l'aube de cette nouvelle ère. Mais de ces actions, aucunes ne firent leur chemin dans l'histoire. Les autorités Gondoriennes ne lui firent jamais véritablement confiance et son passé avait laissés des traces indélébiles dans le cœur des hommes et des femmes du Nord pour qui il demeurait le Cygne Rouge, responsable de centaines de tueries en son nom. De l'autre coté, sa soumission fut considérée trahison par les loyalistes, qu'ils se soient dressés contre lui ou qu'ils aient eux-même prêté serment de fidélité au Gondor. Ce sentiment ne fut que renforcé par son rôle dans la guerre civile qui le mena à combattre plusieurs de ses anciens alliés.
Cette position fit en sorte que son nom fut peu à peu effacé des livres malgré que les autorités Gondoriennes mirent initialement beaucoup d'effort à faire connaître ses mérites dans la Grande Purge, espérant décourager les pirates, ou seulement leur rappeler la trahison de celui qui avait jadis été un des leurs. Il avait ses doutes à ce sujet.
Encore aujourd'hui, le capitaine du
Cir
sur lequel il prenait place illustrait bien cette immortelle rancune. En toute honnêteté, il ne saurait trop lui en tenir rigueur. Vu son âge il avait du être un jeune homme durant la Guerre de l'Anneau. Peut-être y avait-il perdu de la famille, des amis... les deux...?
Il était déjà debout lorsqu'un jeune matelot cogna à sa porte et pénétra à l'intérieur de la cabine après s'être introduit.
« La cité de Pelargir est en vue, maître Eskèrior'ëo. Le capitaine sera heureux de vous escorter jusqu'à l'Académie une fois que nous serons accostés au port à l'extérieur du Palais. »
Le capitaine serait surtout heureux de me voir flotter dans les docks entre deux requins voraces,pensa t'il
. Lautorhion lui sourit et le remercia tout en frottant sa barbe.
Il resserra sa cape autour de lui et sorti à l'extérieur alors que deux marins s'occupaient d'empaqueter ses effectifs personnels et de les transférer sur le pont. Lorsqu'il arriva sur la passerelle, il remarqua que l'aigle-des-mers qui les suivaient était maintenant perché sur un des remparts à l'ouest du navire. Lautorhion fit quelques pas dans sa direction et émit un bref sifflement pour attirer son attention. L'oiseau tourna la tête et l'observa d'un œil, prêt à s'envoler au moindre faux-pas. Lautorhion plongea sa main dans une bourse qui pendait à sa ceinture et en ressorti un lambeau de viande séchée enrobées dans un tissu. L'aigle-de-mer continua de l'épier tout en relevant le bec vers le ciel. Il poussa un cri strident, puis un autre, déployant ses ailes. Lautorhion envoya le morceau de nourriture à quelques pas devant lui et recula. Curieux, l'oiseau fit un bond sur la passerelle et s'avança prudemment avant de saisir dans son bec le lambeau de viande. L'avalant d'un trait, l'aigle secoua sa tête avec vigueur, tournant sa tête dans une autre direction, son oeil attiré par autre chose, puis il s'envola sans demander son reste, alors que des pas se faisaient entendre derrière Lautorhion.
« Vous savez qu'on les appels aigles-coupe-gorges ici? »
Il se retourna pour voir que le capitaine se tenait droit devant lui, les bras croisés et la mâchoire serrée.
« Oui. Vous dites également que leur compagnie signifie généralement être condamnés à un affrontement avec les pirates, je crois. »
Lautorhion ne cherhait pas à éviter les sous-entendu de son interlocuteur. Il en avait vu d'autre.
Le capitaine hocha de la tête et poursuivit:
« Mes hommes se sentiront mieux lorsqu'ils auront mit pied à terre. ».
« Il n'y a plus de pirates dans ces mers, capitaine. Ne craignez pas cet aigle. »
« Ils ont tout sauf disparu. Pour autant qu'il ne le veule, l'aigle ne sera jamais qu'un coupe-gorge. C'est sa nature. Vous pouvez le nourrir et prétendre être son ami, mais sa gorge gardera sa teinte écarlate. »
Lautorhion ne répondit pas cette fois, lui tournant le dos et s'avançant contre les remparts ou il s'accota pour observer le rivage. Il entendit le capitaine cracher et s'éloigner d'un pas pesant. Il n'avait pas remonté l'Anduin depuis tellement d'années, la situation à Umbar l'ayant gardé amplement occupé dans les terres du Sud. Il ne pu s'empêcher de revivre certaines scènes de son passée au sein de l'équipage de Tethys et en tant que Capitaine par la suite. De la nostalgie? Il l'ignorait. Les choses avaient changées. Pour le meilleurs ou pour le pire, il n'était plus en mesure de le savoir. Ou alors tout cela avait notamment perdu en importance. Toute ces années à combattre avaient-elles été en vains? Avait-il combattu par patriotisme, vraiment? Ou pour lui-même? À l'époque il n'avait pas su faire la différence, et maintenant avait-il seulement oublié ce qu'était d'avoir une patrie? Il ne voulait désormais que de laisser à son fils une cité purifié de sa corruption qui vaudrait la peine que l'on défende son honneur.
Le temps qu'il se rende aux cuisines pour dîner, la mi-journée avait passée et ils étaient maintenant accostés dans la ville de Pelargir. La planche fut mise au sol pour que la cargaison soit transportée dans les quais, et Lautorhion descendit en premier, escorté par le capitaine, tel que promis.
« Vous me voyez honoré par votre proposition, capitaine, mais je saurai m'orienter vers l'Académie à partir d'ici. »
Le capitaine acquiesça en marmonnant quelque chose d'incompréhensible et il continua d'observer Lautorhion qui se mettait en marche. Au premier coin de rue il fit mine de tourner à gauche. Il entendit le capitaine lui crier:
« Que faites vous! Vous ne savez pas ou est l'Acadmémie, viellard! Pas vrai? »
Des matelots s'esclaffèrent de rire avec lui.
« C'est à droite, vous voulez un dessin!? »
Lautorhion fit volte face, et, sans un sourire, rétorqua:
« Ça ira. Pardonnez moi, je n'ai pas mis pied à Pelargir depuis 25 ans... La dernière fois c'était une nuit sans lune. Je n'avais que les flammes pour m'éclairer et je suivais les cris. »
Le silence tomba sur le capitaine et ses hommes alors que Lautorhion tourna la talons et disparu derrière le coin de rue.
À suivre...
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I saw pale kings and princes too, Pale warriors, death-pale were they all;
They cried--"La Belle Dame sans Merci hath thee in thrall!"
I saw their starved lips in the gloam, with horrid warning gaped wide,
And I awoke and found me here, on the cold hill's side.
And this is why I sojourn here alone and palely loitering,
Though the sedge is withered from the lake...
...And no birds sing.
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
«
Répondre #13 le:
2009-07-18, 20:26:26 »
Rien n'est plus anonyme que la mort d'un semi-Troll, si ce n'est la mort d'un autre semi-troll...
depuis près de trois ans, une poigne d'anciens snagas, d'orques errants et de déserteurs du Mordor et de Gundabad s'étaient agglutinés en un petit clan, tous alliés incongrus rassemblés dans un seul esprit, la recherche de nourriture et de protection. De semaines en semaines, ils avaient trimés et combattus, pour bâtir des campements, amasser de la nourriture et agrandir la tribu. Gartack faisait parti d'eux.
Dans bien des cas l'homme finit par trouver plus fort que lui et il lui reste trois solutions, la fuite, la rédition ou la mort. Pour les créatures de la race de Gartack, seule la dernière solution est envisageable. C'est ainsi qu'il finit comme il avait vécu.
Un matin d'automne, il s'était aventuré un peu plus au sud-Ouest, vers un petit village de fermiers ou, comme ils se plaisaient à dire, un "garde manger". Ce qu'ils ignoraient, c'est qu'avec leurs intrusions de plus en plus fréquentes sur les terres du Rohan, les cavaliers avaient mobilisés quelques troupes dans le but d'éradiquer ces attaques. Trop confiants et affamés, ils attaquèrent comme à leur habitude, dans un désordre de cris, de grognements et dans un fracas de métal. Cette fois, cependant, les cavaliers les attendaient de pied ferme.
Après quelques jours, un éclaireur maraudeur les retrouva, enfin en partie. Seul les têtes des bêtes, fichées au bout de piques sur la limite du territoire rohirim, servaient d'avertissement aux autres créatures trop aventureuses.
Mais ça, jamais vous ne le lirez dans un livre d'histoire, et nul bardes ne chantera jamais cette fin peu glorieuse à laquelle tout ceux de sa race sont destinés...
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
«
Répondre #14 le:
2009-07-26, 21:56:10 »
Malgré la douleur, Lautorhion garda le genoux fléchit et la tête baissée. Son âge rendait la position particulièrement inconfortable et la révérence était une activité qu'il n'avait pas pratiqué depuis fort longtemps. Il entendit la porte de la salle se refermer, puis des pas s'avancer dans sa direction dans un cliquetis de métal. Au moins trois individus, d'après ce qu'il entendait. La voix d'un enfant résonna dans la Grande Salle de l'Académie.
« Relevez-vous, Maitre Eskèrior'ëo. ».
Il s'exécuta, dissimulant une grimace de douleur, puis releva la tête. Ce faisant, il croisa le regard de son interlocuteur posé sur lui. Son délicat visage était empreint d'une aura de noblesse et d'innocence.
Le visage d'un roi
. Flanqué de deux gardes royaux, Eldarion Telcontar, le seul héritier du Souverain Aragorn, ne devait pas avoir plus de neuf ans. Il était venu en âge d'apprendre les rudiments de la navigation. À ce titre, on avait fait parvenir à Umbar une missive destinée à celui qui était encore connu comme l'un des derniers grands navigateur, cartographe et maître-tacticien des Royaume Réunifiés lui offrant une place à l'Académie de Navigation à titre de tuteur pour les années à venir. Lautorhion avait initialement songé à décliner la proposition, invoquant qu'il devenait trop vieux pour les voyages en mers et que sa position dans les sphères politiques des Havres d'Umbar était bien ancrée, mais la nouvelle s'étant répandu à travers le Conseil, on jugea qu'un refus aurait été considéré une insulte. Qui plus est, la proposition comportait une importance symbolique capitale qu'il était, disaient-ils, inconcevable d'ignorer. En vérité, Lautorhion sentait la mort approcher et il aurait souhaité passer les dernières années de sa vie auprès de son fils et de ses petits enfants. À son départ, Lautorhion légua ainsi son siège au Conseil à son fils Edrick, et sur les quais, ils s'étaient embrassés comme si c'eût été la dernière fois.
Le prince fit deux pas avant de se camper devant lui. Il porta ensuite sa main droite à son cœur et il inclina légèrement le torse en guise de respect.
« On dit de vous que vous étiez jadis un ennemi de notre peuple. Il me tarde de faire votre connaissance. »
Si Lautorhion n'était pas étranger à ce qu'on lui rappel qui il avait autrefois été, cette fois le ton employé par le jeune Eldarion n'avait rien d'amer ; un répit apprécié dans les circonstances. Malgré tout, cette réputation pesait de plus en plus sur son humeur et il perdait rapidement patience, particulièrement depuis son arrivé à Pelargir.
« J'ai été beaucoup de choses pour beaucoup de gens, mon prince. Si tout ce que l'on se souvient de moi sont mes faits d'armes contre le Gondor, je n'aurai jamais vécu que la moitié d'une vie. »
, répondit-il.
Eldarion hocha de la tête et lui offrit un sourire, mais Lautorhion resta de marbre. Cela faisait maintenant deux semaines qu'il séjournait dans les ports de Pelargir et il n'avait quitté ses quartiers que par trois reprises. Peu de gens auraient pu le reconnaître dans la cité, mais les rumeurs circulaient déjà dans les rues au sujet de sa récente arrivée et peu semblaient s'en réjouir. Il avait trouvé plus accommodant d'économiser ses énergies et de dédier ses temps libres à la lecture.
« Mon père croit qu'il sera intéressant pour moi d'apprendre d'un homme qui connait bien la politique d'Umbar d'avant la Guerre de l'Anneau et dont les motivations furent autrefois drastiquement opposées à notre nation. »
Lautorhion se gratta la barbe et après un moment de réflexion acquiesça.
« Je vous apprendrai volontiers à manier la barre en tempête, à naviguer dans les nuits les plus sombre et à soumettre les flottes de vos ennemis les plus rusés... Et je connais la politique, oui. S'il vous plait, je vous enseignerai également comment trahir vos convictions. »
Il entendit un des deux gardes fléchir légèrement à ces paroles. Le prince avait du le remarquer aussi car il tourna la tête d'un coté. Le garde se redressa immédiatement. Lautorhion se permit enfin un sourire.
Si c'est ce qu'ils attendent de moi
... Le jeune prince reporta son attention sur lui:
«Tous ne partagent pas l'optimisme de mon père. »
commenta Eldarion.
« Le prince Elphir de Dol Amroth continue de parler de vous comme d'un homme sans honneurs ni loyautés. Son père avant lui ne vous portait guère dans son coeur. »
Le contraire l'aurait surpris. On ne l'avait pas nommé le Cygne Rouge sans raison.
« J'avais la vague impression qu'il y avait trop de Chevaliers dans la cité. »
Observa-t-il tout en renvoyant sa cape par dessus ses épaules.
« J'ai cru entendre que le Premier Chevalier en personne était de passage, j'en déduis que sa venue et votre présence sont reliées?.»
Le jeune prince hocha de la tête.
« Thorongil a recu l'ordre de veiller sur moi. Le prince Elphir se sent responsable de ma sécurité. »
« Une mission qui lui fait honneur, j'en suis sur. Un brave homme à ce que l'on dit. Je n'ai malheureusement pas eu la chance de lui parler directement. »
« Vous en aurez sans doute l'occasion, car il viendra à bord de l'Hyarmendacil avec nous ce matin. »
Lautorhion n'offrit pas de réaction, son visage était un masque désormais. Il avait tué nombre de contemporains du père de ce Thorongil, un dénommé Élethor, dont la réputation égalait certainement la sienne jadis. L'Hyarmendacil était, quant à elle, une caraque gondorienne géante de classe Gaervinas, un navire de style numénoreen trop large pour les routes commerciales et trop couteux pour en faire une embarcation de guerre profitable. Il n'y en avait que très peu qui parcouraient les mers à cette époque et elles servaient principalement de navire amiral pour de petites flottes. Prendre la mer sur un navire qui portait le nom du dernier roi-navigateur du Gondor avec un Chevalier du Cygne renommé après le héro qui, autrefois, avait mis les Havres d'Umbar à feu et à sang... L'idée ne le faisait pas sauté de joie. Eldarion devina ses pensées.
« Vous êtes redevables à la Couronne, maître. Mon père vous a offert le pardon. »
« Seulement après que j'eusse mis à mort un nombre acceptable de mes amis, certes. »
« Tachez seulement de vous en souvenir près de Thorongil, il représente les yeux et les oreilles du prince Elphir et vous n'avez pas besoin de plus de Chevaliers pour épier vos mouvements. »
Lautorhion haussa un sourcil.
« Soit. Venez jeune prince. Votre navire est amarré et prêt à faire sa première sortie en votre contrôle. »
Ils firent leur chemin jusqu'à l'extérieur de l'Académie où un palantin les attendait. C'était une des conditions qu'il avait exigé à sa venue. Chevaucher lui était devenu progressivement de plus en plus douloureux, jusqu'à ce qu'il se résoudre à trouver une alternative plus accommodante. Il savait que le palantin n'était pas une coutume connue au nord et que ce moyen de transport aurait tôt fait de le démarquer aux yeux de la population, mais comme les circonstances l'exigeaient, il devrait tenter d'ignorer les injures qui avaient très vite surgies peu importe là ou il se dirigeait. Cette fois était différente. L'imposante cohorte de chevalier qui les escortait imposait le silence aux passants qui s'écartaient en vitesse à leur passage.
Eldarion avait prit place à ses cotés. Il n'avait pas dit un mot depuis leur départ de l'Académie. Il semblait réfléchir. Au moment ou Lautorhion ferma les yeux pour se reposer, le prince prit la parole :
« Comment c'était? »
« Hmm? »
« Devoir tuer vos amis? »
En fait, Lautorhion ne voyait pas réellement cela de cet oeil. Il n'avait eu que très peu d'amis dignes de ce nom au travers des âges. Sa vie en avait été une de solitude et s'il avait eu des effectifs d'une certaine fiabilité, il n'avait tissés de liens fraternels qu'avec quelques rares individus. La Grande Purge l'avait mené à se mesuré à l'un d'entre eux, en particulier. Le souvenir lui semblait si lointain aujourd'hui qu'il en avait oublié son nom et son visage. De lui il ne se souvenait qu'une leçon : l'homme qui est prêt à tuer son ami n'a aucune faiblesse. Il avait suivit cette voie pour sa propre survie, car tel est l'enjeu en temps de guerre. Aucune mansuétude n'était possible. Il se rendit compte qu'il n'avait toujours pas répondu à la question et qu'Eldarion le fixait intensément, sans pourtant le presser. Lautorhion soupira faiblement :
« Appaisant. »
Une fois de plus, il ne sentit aucune colère chez le jeune prince alors que celui-ci hocha de la tête. Il pouvait sentir chez lui un profond désir d'apprendre et de comprendre l'envers de la médaille, ce que les registres Gondoriens ne pouvait vraisemblablement lui offrir. Lautorhion ferma à nouveau les yeux et s'allongea et il entendit Eldarion faire de même. Une longue journée les attendait..
À suivre...
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
«
Répondre #15 le:
2009-09-26, 10:33:20 »
Haletant, le jeune marin déposa sa charge aux pieds de Lautorhion. Le corps inerte et flasque que la vie avait depuis un temps déjà quittée, frappa le sol avec un «
tchuk
» mouillé. La peau livide et la chaire boursoufflée du cadavre semblait indiquer que la mort était survenue quelques jours auparavant et qu'il avait passé quelques nuits à nourrir les anguilles.
Il releva les yeux et porta sa main à son front pour bloquer le soleil de midi. L'épave gondorienne échouée dans les récifs à une centaine de pied de l'Hyermandacil II était un navire marchand côtier de taille modeste, de toute évidence, mais connu pour sa manœuvrabilité et sa coque peu profonde. Cela rendait la scène assez particulière. Disparue depuis 4 jours selon les registres du Maître des Quais, Lautorhion s'expliquait mal qu'un capitaine aussi inexpérimenté fusse-t-il, puisse mener son bateau à cette fin, d'autant plus qu'aucune tempête n'eut été signalé depuis quatre lunes. Le mat principal était brisée et son flanc dévoilait une crevasse béante où s'était engouffrée les eaux. L'incident n'aurait duré que quelques brefs instants, jugea t-il; insuffisants pour échappé à ce qui était rapidement devenu l'inévitable.
Lautorhion reporta son attention sur le moribond gisant devant lui. C'était un marin entre deux âges. Peut-être trente étés, peut-être moins. Une carrure respectable qui semblait dire que s'il n'avait porté le sabre à la guerre, il devait avoir connu un certains nombres d'années comme harponneur. Il arrêta son regard un instant dans le creux du cou et plissa les yeux. Un détail anodin qui aurait autrement passée inaperçue sous l'œil des Cygnes et des marins du Lebennin, lui apparue aussi clairement qu'un brasier nocturne. Une sorte de marque, le début d'une inscription symbolique, qui semblait autant tenir de la brulure que du tatouage. Elle ne témoignait guère d'une marque d'esclavage ni d'un stigmate d'exclusion, du moins aucune qu'il ne lui était donnée de connaitre. Une sorte d'appartenance à une fraternité quelconque, possiblement. S'il ignorait exactement de quelle fraternité il était précisément question, le symbole en soit ne lui était pas pour autant inconnu. De taille réduite, il était rendue partiellement invisible due à l'état des chairs en semie-putréfaction. Penchant sa tête sur le coté, Lautorhion poussa le bras du cadavre sur celui-ci, dévoilant l'arrière de son épaule où des lettres Adunaic semblaient former un triangle... Un mot.
Le mot n'était pas complet. C'était suivit de quelques symboles d'un âge Numénoréen ancestral. Cela semblait désigner un navigateur, mais la traduction correcte aurait été : « Homme de la Mer » ou « Homme des Mers ». Le triangle suggérait que le mot aurait au moins une deuxième et une troisième signification, si les syllabes étaient replacées inversement. Il redoutait ce qu'il allait déchiffrer.
Justice.
Corsaire...
Il prit une note mentale du triangle et interpela le jeune marin qui regardait à gauche et à droite nerveusement.
« Ar-Pharazon... »
Le jeune homme au regard fuyard se raidit comme une lance, vraisemblablement inconfortable près de celui que tous à bord appelait aujourd'hui « Le Coupe-Gorge ». Tous sauf deux individus, soit le Premier Chevalier de Dol Amroth et son protégé, Eldarion. Si le jeune prince le respectait (aussi loin que sa curiosité pour l'ancien Grand Capitaine des Havres d'Umbar pouvait soutenir ce sentiment), le Premier Chevalier n'avait pour lui qu'un œil méfiant et une langue nouée. Cela lui convenait, mais il avait tout de même poussé l'audace jusqu'à renommer les serviteurs mis à sa disposition après de grands personnages glorifiée aux temps de ceux qui avaient été nommés les Numenoréens Noirs, et ce dans une évidente tentative d'irriter Thorongil.
« … Débarasse moi le pont du mort. Les Cygnes voudront sans doute une forme de cérémonie. » dit-il. « Il faudra lui trouver des habits dignes de sa mémoire. Occupe t'en. » Le jeune marin inclina le torse avant de faire mine de s'approcher du corps. « … Et prend soins de jeter quelques sceaux d'eau bouillante ou tu l'as traîné avant que ça ne s'imbibe. »
Enjambant le cadavre, Lautorhion entendit le serviteur soupirer (de désespoir ou de soulagement...) et, sans s'arrêter, se dirigea ensuite directement vers sa cabine. Il n'avait pas vraiment cure de la mémoire du mort, mais il ne risquerait pas qu'un Chevalier ayant une quelconque érudition ne se découvre un soudain talent pour les langues anciennes. Le corps devait être recouvert. Il prit place à son bureau et commença à écrire ses pensées. Cela l'aidait à réfléchir. Il n'avait pas notion que des corsaires demeuraient actifs dans la baie de Belfalas. En fait, aucun pirate, encore moins corsaire n'avait été signalé depuis que le Roi Elessar avait sommé la fin de la Grande Purge 20 ans plus tôt. Une violente quinte de toux le prit par surprise. Il sentit sa gorge se serrer violemment et bientôt le goût du sang était sur sa langue. Une longue minute passa avant que cela ne lui passe, mais il n'avait plus aucune force en lui pour continuer à réfléchir. Il laissa à Herumor, le page charger de transmettre ses missives au capitaine, le rapport qu'il avait précédemment rempli au sujet de l'évènement. Un naufrage causé par l'inexpérience de celui à la charge du navire. Lautorhion se comptât chanceux que ce dernier était effectivement un capitaine tout récemment promu selon les registres. S'essuyant les lèvres du revers de la manche, il alla s'allonger sur sa couche et rêva d'acier et de feu...
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #16 le:
2009-10-01, 11:28:41 »
Le visage battu par les vents apparents et arborant un sourire éclatant, Eldarion traversa le pont à grands pas, félicitant les marins sur son passage. Accoté contre le rempart du château arrière, Lautorhion l'observait se frayer un chemin jusqu'à lui, suivit de près par le bosco qui portait arc et flèches sous son bras. Quatre années avaient passés depuis que Lautorhion l'eut prit sous sa charge. Maintenant âgé de treize ans, il pouvait dire que le jeune Prince avait été un élève particulièrement doué, autant aux jeux de guerre (historiques et hypothétiques) que sur le pont d'une nef. Bien qu'ayant aiguisé son esprit de tacticien au meilleurs de ses capacités, Eldarion demeurait autrement vierge de tout affrontement naval véritable. S'il y avait un endroit ou la guerre demandait de l'expérience, pensait Lautorhion, c'était au large des côtes.
« Maître Eskèrior'ëo! » Interpella le jeune prince, aussi fébrile qu'un jeune chiot. « Vous avez vu? Dites moi que vous n'avez rien manqué!»
« Bien joué, mon prince. Considérez cette victoire acquise... et non, je ne me suis pas endormis cette fois, si c'est ce que vous sous-entendez. » Soupira t'il en retour. « Thorongil ne me laisse vraiment aucun répit.». Il jeta un bref coup d'œil au Premier Chevalier à sa gauche, grand et stoïque dans sa posture. Toujours le parangon de droiture et d'honneur, il aurait pu être une statue de marbre qu'on s'y serait méprit. S
i seulement les goélands étaient aussi dupes.
L'entraînement qu'il avait orchestré pour cette dernière sortie en mer avait nécessité la coordination de trois
shebeks
de confection haradrim et de deux authentiques dromons corsaires, tous manœuvrés par des équipages squelettes. Suite à la guerre de l'Anneau, le Prince Imrahil avait enclin le Roi de brûler l'intégralité de la flotte corsaire dans un geste symbolique visant à dissuader tous pirate de prendre les armes contre le Gondor et à envoyer un message clairs aux clans du Sud. Elessar avait agréé à sa demande, sauf pour une poignée de navires qu'il désirait faire étudier par ses maîtres contracteurs et armateurs, invoquant que le savoir des hommes d'Umbar en matière de confection navale n'était pas à écarter du revers de la main.
Pour mener ces navires en mer, Lautorhion n'avait pas repêché ses capitaines parmi les meilleurs navigateurs de Pelargir, mais parmi ceux qui n'accepteraient pas facilement la défaite. Pour ce faire, il avait convier ses serviteurs de trouver, au sein des ports de la cité, les hommes qui manifestait le plus grand mépris pour son nom. Maintenant que la victoire était acquise, il pouvait dire qu'ils avaient remplis leur rôle à merveille, mieux qu'il ne l'aurait cru, en fait. Mais Eldarion avait été le meilleurs homme, prenant les vaisseaux ennemis de vitesse et défiant les probabilités qui voulaient sa défaite. L'
Hyermendacil II
n'avait rien d'un poids plume, et Lautorhion avait grincé des dents plus d'une fois à la lenteur d'exécution de certaines manœuvres, mais dans l'ensemble, il estima que dans une réelle escarmouche, ils ne s'en seraient sortis qu'avec des dégâts mineurs. Les dromons ne purent s'approcher de la coque que lorsque que le Prince leur exposa son flanc guerrier, celui ou les planches et les grappins étaient déjà mobilisés et prêts à déclencher l'abordage. Quant aux
shebeks
, ils ne furent qu'une nuisance. Pour un capitaine le moindrement expérimenté, ces trois nefs à elles seules auraient eut tôt fait de venir à bout de leur carraque géante, mais le prince démontra une fois de plus qu'il était à la hauteur de la tâche en bifurquant entre les récifs, une manœuvre dangereuse, mais qu'il parvint à compléter de justesse, prenant ses assaillants à revers dans le processus.
Le Premier Chevalier s'approcha du prince les bras croisés sur sa large poitrine et inclina le corps avec respect.
« J'ai bien cru que nous allions y rester, cette fois. » Avoua-t-il. « Vous avez un œil pour calculer les distances, d'où j'étais, nous nous dirigions vers un naufrage assuré. J'aurais tendu le bras que mes doigts auraient caressés le flanc des rochers. Les ennemis du Gondor peuvent trembler de savoir quel guerrier sans peur vous êtes! »
La seule chose qu'il calculait lorsqu'il ordonna au bosco de mettre le cap vers la côte, c'était à savoir si les autres capitaines allaient être assez tarés pour le suivre. Sans peur? Il a paniqué au contraire... et ça lui a bien sauvé la vie,
pensa Lautorhion, mais il ne fit qu'acquiescer, souriant.
Le Prince hocha de la tête, satisfait.
« Merci Thorongil, vos paroles me touchent profondément et m'honorent. Les Cygnes de Dol Amroth sont des marins aguerris depuis maintes générations. Votre présence à elle seule m'inspire la force et le courage de vaincre. », dit-il en serrant l'avant bras du Premier Chevalier. « Lancerais-je la flèche? » Continua-t-il à l'attention de son tuteur.
« Faites. »
Le bosco tendit sa charge au Jeune Prince qui encocha la flèche-signale à son arc avant de la laisser filer dans les airs dans un long sifflement. La réponse de son équipage fut immédiate et tous scandèrent «
Vivats!
» en son nom. Le temps était venu de rentrer aux ports pour de bon...
(à suivre encore... la prochaine partie devrait être la dernière... peut-être...
)
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I saw pale kings and princes too, Pale warriors, death-pale were they all;
They cried--"La Belle Dame sans Merci hath thee in thrall!"
I saw their starved lips in the gloam, with horrid warning gaped wide,
And I awoke and found me here, on the cold hill's side.
And this is why I sojourn here alone and palely loitering,
Though the sedge is withered from the lake...
...And no birds sing.
- La Belle Dame Sans Merci by W.B. Keats - 1819 -
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Malique
Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #17 le:
2009-10-05, 21:45:28 »
Ce jour là, on pouvait apercevoir le jeune Malique, s'aventurer dans la forêt de Druadan. La chasse lui était ouverte. Soudain, par une seule prise, une flèche perdue lui percuta le dos. Malique fut mort petit a petit, à l’écoulement de son sang.
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #18 le:
2009-10-07, 09:12:41 »
Citation
La boue et les cendres tapissaient les rues de Perlargir, où les mères cherchaient maintenant leurs enfants parmi les débris de leur maison. Il pouvait sentir se poser sur lui des regards mauvais et violents alors qu'il se déplaçait silencieusement entre elles. Pas si loin on pouvait entendre la clameur des combats et le feu qui rageait. Derrière lui, un groupe de miliciens armés accourrait, remontant d'abord l'avenue de la Guilde des Capitaines pour bifurquer dans sa direction. Leur écus les identifiaient majoritairement comme des guerrier du Lebennin, mais il pouvait discerner dans leurs rangs des hommes du Lossarnach et de Lamedon. Il recula pour les laisser passer tout en les suivant des yeux et ce jusqu'à ce que la silhouette du dernier homme ne se dissipe dans le brouillard...
Sans en savoir la raison, il décida de s'engager à leur suite, guidé par le son militaire des pas en cadence. Plus il avançait, plus la fumée grise semblait épaissir. Confus, il ralenti d'abord sa course puis s'arrêta complètement. Il entendit les miliciens s'éloigner dans la pénombre devant lui. Sa tête se mit rapidement à tourner et avant qu'il ne puisse s'en rendre compte, il était sur ses genoux et sa gorge se resserrait l'empêchant de respirer. La fumée se refermait sur lui comme un voile noir jusqu'à ce le bleu du ciel ne s'obscurcisse complètement. Ses mains raidies fouettèrent follement les airs un instant en tentant de libérer sa gorge de cette étreinte immatérielle, mais il ne parvint qu'à se lacérer désespérément le cou. Il ne sentit pas la pierre froide sous sa joue lorsqu'il s'étala de tout son long sur le pavé.
…
Un temps passa. La fumée s'était dégagée et le soleil réchauffait désormais ses membres engourdis. La douleur, elle aussi, semblait avoir disparue. Il tendit l'oreille et le son du feu et de l'acier s'était estompé. Il se releva avec peine pour découvrir qu'il s'était effondré devant l'Académie de Navigation. Ses grandes portes de fer étaient closes et ses yeux se portèrent sur leur architrave ou un relief artistique avait été gravé. À la droite complètement, on pouvait y voir la pointe de l'Amirauté et le Quai de Telumehtar où des gardes Gondoriens étaient amassés arme au poing. Certains étaient à bord de grandes caraques, mais la plupart étaient enlignés sur les quais et à leur tête triomphaient le Roi Elessar et le spectre connu sous le nom du Roi des Morts. La gauche de la gravure illustrait l'embouchure de l'Anduin, où de nombreux dromons corsaires fuyaient. S'avançant, il saisi le heurtoir avant de le cogner durement contre le métal de la porte, une fois, puis une fois encore, lorsqu'aucune réponse ne lui sembla venir. Au même moment, il sentit une présence se glisser derrière lui. D'un bon, il fit volte-face...
C'est avec stupeur qu'il se retrouva face à
une ancienne connaissance
. Sa bouche voulu prononcer son nom, mais aucun ne lui vint en tête. Le visage sur lequel il posait désormais le regard semblait muter. Tantôt un jeune homme blond aux allures charismatiques...
Subalterne
... Tantôt une jeune fille arborant le sourire des retrouvailles...
Famille
... Tantôt un homme aux traits raffinés et aux yeux en amande qui le lisait comme un livre ouvert...
Confident
... Tantôt un homme de luxure au regard qui parlait de profit et d'aventure...
Partenaire
... Et maintenant une femme d'une beauté passée...
Successeur
... Ses yeux étaient livides et sa peau blême était aussi mince que du papier. Il pouvait voir une longue entaille au travers de sa gorge où une épée avait fait son œuvre.
Incapable de bouger ou de détourner son regard, Lautorhion la regarda lever son bras et dans sa main se matérialiser un sabre de manufacture haradrim... Incapable de bouger ou de détourner son regard, Lautorhion la regarda donner le coup qui lui trancha la tête.
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
«
Répondre #19 le:
2009-10-10, 18:30:33 »
Le dernier chant d’un chevalier du Cygne
Etendu sur la plaine des champs du Pelennor, un corps parmi d’autres au milieu des cadavres de ses frères d’armes chevaliers et de fiers rohirrim morts au combat, son cheval égaillé dans la multitude fracassante des hommes en armes ivres de la fureur de la Bataille, Baradon n’en finissait pas de mourir…
Le pourpre de sa blessure assombrissait lentement l’azur semé d’argent de son pourpoint, et entre les doigts affaiblis de sa main crispée sur son torse, le sang de l’Aglaewaren mourant dégouttait en fines rigoles sur le sol poussiéreux. Son autre main, dans un réflexe illusoire, tentait vainement d’atteindre Don du Prince tombée près de lui à portée de regard. Cette dernière quête occupait son esprit qui refusait obstinément de quitter son corps paralysé par la douleur. Il lui semblait alors que le contact du pommeau de sa fidèle épée lui apporterait un certain réconfort, qu’elle serait une alliée précieuse au moment d’arpenter les contrées qui s’ouvriraient bientôt devant lui. Mais rien à faire ; ce dernier renfort face à l’obscurité lui était refusé. Sa volonté vaincue, son regard se porta sur son écu portant l’emblème de sa maisonnée : on distinguait à peine sur la pièce de métal cabossée et salie de boue, de poussière et de sang, le meuble d’argent de la mouette en plein vol, dont les ailes pourfendaient non plus une voûte azurée semée d’étoiles mais un ciel assombri et lourd de menaces, semblable à celui de ce jour maudit où Minas la Blanche tombait.
Il avait vécu suffisamment pour assister « à la ruine et à la fin du monde » comme l’avait crié le jeune roi Eomer, quelques temps auparavant. Il chassa le souvenir de ce souverain du Rohan accablé par le chagrin de la perte successive de son oncle et de sa sœur, galopant vers un destin sans nul doute funeste, pour revenir à la contemplation moins douloureuse de son blason, gisant à ses pieds. De là où il se trouvait, il était incapable de lire la devise en westron qui en barrait la pointe mais il la connaissait par cœur : Du chant au champ.
Voilà qui résumait bien sa vie au final, toute de musique et de combats mêlés. Dans son délire fiévreux, une forme fantomatique apparut devant ses yeux. Il reconnut les traits brumeux d’Aldor, son père. Il portait la tunique des gardes de la Tour comme au jour de son enterrement. Ses yeux bleus durs et froids s’attardaient sur son fils à l’agonie, avec cette lueur contenant le mépris et le dégoût que Baradon avait toujours vu miroiter dans le regard de son père, quand ce dernier daignait lui prêter attention. Il ne le comprenait que trop, maintenant qu’il connaissait le lourd secret entourant sa naissance. Mais durant toute son enfance, il avait souffert de ce manque d’affection paternelle, toute entière dévouée à son frère Bargil. A l’évocation de ce nom, l’Aglaewen vit défiler dans son esprit tous les souvenirs heureux de cette période qui y étaient intimement liés : les cours de chant, les histoires et légendes du temps jadis que ce grand frère attentionné lui contait avant qu’il ne s’endorme, les quelques cours d’escrime qui se finissaient dans un fou rire face à la maladresse dont Baradon faisait preuve, les longues parties d’échecs dont il se ressassait les mouvements d’une séance sur l’autre, pour améliorer sa stratégie et tenter de vaincre son frère, au moins une fois. Mais ce qu’il préférait par-dessus tout, c’était les récits qui parlaient de leur mère, Alania. Si un nom pouvait avoir plus d’emprise sur le jeune Baradon que celui de son frère, c’était bien celui-là. Par la bouche de Bargil, cette femme merveilleuse que le futur Aglaewen n’avait pas eu le bonheur de connaître, prenait vie. Elle était si belle et délicate à ses yeux d’enfants, semblable à une rose diaphane qu’un souvenir aimant avait sanctifié. Elle avait un don pour la musique et sa voix charmait même les cœurs les plus endurcis. Elle chantait à Bargil une berceuse, chanson d’amour que Baradon à son tour apprit par cœur. A l’époque, il pensait que c’était pour l’amour d’Aldor qu’elle était composée. Il pensait qu'en faisant revivre cette chanson, il se rapprocherait un peu de sa mère et peut-être de son père par la même occasion. Une mélodie de harpe comme clé d'accès aux portes de son coeur. Pourtant le résultat fut tout autre. Quand ce dernier le surprit à s'exercer dans le salon, il entra dans une colère noire, au bord de la folie. Il éructait des menaces incompréhensibles brandissant le poing devant le visage de son fils, terrorisé par le rictus de haine qui contractait celui d'Aldor. Il ne comprenait pas. Il interpréta cette réaction comme la volonté obstinée d’un vieillard à ne pas profaner un sanctuaire du souvenir dans son cœur meurtri par le chagrin, comme une volonté de rester prostré dans le passé, de ne pas pardonner à son fils la mort en couche de sa femme. S'il avait bien perçu la douleur du souvenir dans les yeux de son père, le jeune gondorien à l'époque ne détenait qu’une infime partie de la vérité sur les origines de ce mal. Ce n'était pas tant le mépris à l'égard d'un fils que la culpabilité qui guidait ses actes.
A ce moment précis, le spectre s’agita, comme s’il réagissait à l’évocation de ce moment et conduisit l’esprit de Baradon vers le souvenir le plus pénible pour le chevalier. Le jour où il devint brutalement adulte, l’enterrement de son frère. Spectateur présent de cette oraison funèbre du passé, il se vit lui-même à l’âge de dix sept printemps réciter le chant funéraire de son frère porté en terre, qui ne passerait donc pas son trentième automne. Les larmes contenues brouillaient sa vue. Il revit les personnes s’éloigner une à une, son père effondré refusant même de se tourner vers son fils survivant. « Il aurait mieux valu que ce soit lui. Ma lignée prend fin en ce jour ! » Cette confidence murmurée par Aldor à sa sœur cadette, Baradon l’avait entendue alors qu’il s’approchait pour tenter de réconforter son père effondré. Une fois de plus, les deux hommes échouaient à se rapprocher...
C’était plus que le chevalier ne pouvait en supporter. Pourquoi lui imposer de revivre cette épreuve ? Etait-il donc parvenu aux portes de l’enfer, condamné à revivre les échecs de sa vie avec le fantôme de son père comme bourreau ? Le spectre implacable prit de sa main décharnée le menton de son fils récalcitrant pour qu’il assiste à la scène suivante. Pointant du doigt le jeune gondorien resté seul devant la tombe, il murmura d’une voix sifflante, comme un vent d’outre-tombe : « Contemple ton serment ! Souviens-toi de ta promesse ! ».
Et Baradon regarda. Et Baradon se souvint. Il avait été ce jeune homme à l’insouciance brisée, éperdu de tristesse et de solitude, revenu à l’abri de la nuit pour pleurer sans témoins sur la tombe du seul être qui l’avait vraiment aimé. Les jours de repos et les nuits de plaisir à chanter et à boire n’avaient pour lui plus aucun sens. Dans la famille, il était le paria, ses oncles et tantes se détournant à son approche, ses cousins et cousines murmurant derrière son dos, son père se murant derrière une forteresse muette d'indifférence. A l’époque, il pensait que c’était dû à la vie dissolue de dilettante dans laquelle il s’était réfugié pour échapper aux reproches incessants. A quoi bon tenter de faire ses preuves quand on est condamné par avance ? Seul Bargil lui témoignait respect et attention. Il lui pardonnait ses déboires et cherchait à apaiser les tensions. « Il faut le comprendre » répétait-il au père comme au fils. « Il ne sait pas te dire, tu ne sais pas l’entendre » Tels avaient été les derniers mots que Baradon avait entendu sortir de la bouche de Bargil, avant que ce dernier ne parte pour cette mission funeste. Toute la patrouille avait été massacrée. Pas de traces d’orques ou de combat ; ils avaient été tué dans leur sommeil pour la plupart. Le plus étrange c’est que les sentinelles avaient laissé s’approcher l’ennemi, comme s’il le connaissait. Il fit alors le serment de retrouver le meurtrier de Bargil qui avait su le poignarder dans le dos sans que ce garde confirmé ne résiste nullement. Il vengerait sa mort et reprendrait le flambeau de Gardien tombé au sol. Il venait d’entrer à l’âge adulte... ( à suivre)
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #20 le:
2009-10-23, 15:57:42 »
Les nuées s'assemblaient menaçantes et toujours plus nombreuses sur les blancs pinacles de Minas Tirith, qui de temps à autre lançaient un éclair fugace, dernier adieu d'un Soleil qui s'éloignait de plus en plus de sa cité : tous les deux, liés par le nom et par le Destin, allaient connaitre un sanglant et ultime coucher. Bataille des Cieux. Au pied du phare à la lumière vacillante, qui appelait à lui les derniers navires de bonté encore dirigés par les Peuples Libres, la marée grouillante et vociférante montait, indifférente aux beautés qui chaviraient à cet instant, et haineuse envers les naufragés qui demandaient grâce avant que de se briser sur des récifs aux reflets d'acier. Bataille des Plaines. Hautin grognait. Fichue Bataille.
Mais pas bataille perdue, loin s'en fallait. Le Garde Hautin de Calembel le savait mieux que tout autre, lui qui contemplait les Champs du Pelennor du haut du sixième ou cinquième cercle de la Cité, il ne savait plus trop au juste, en se demandant distraitement s'il ne connaissait pas tel ou tel petit bonhomme brillant que l'on apercevait en bas, s'avançant furieusement vers une masse sombre, pour finir généralement par s'éteindre quand la masse sombre l'était vraiment trop. Fini le petit bonhomme. Cela faisait quatre ou cinq qu'il suivait, s'il n'avait pas perdu le compte au hasard d'une rêverie. Sur la plaine, il s'en rendait parfaitement compte, s'accomplissaient des miracles d'héroïsme, des abysses de félonie et d'atrocité, des héros duraient le temps d'une tierce suivie d'une fente, puis tombaient pour meubler un peu le décor. Dans l'armée comme dans une forêt, il faut ce genre d'automne pour secouer un peu les branches, faire tomber quelques feuilles, garder le plus solide, et permettre aux bourgeons de s'installer plus tard. Qu'on appelle cela l'automne ou la guerre, peu importait. D'ailleurs n'importe quel poète appelait cela comme il voulait, en pleurait ou en riait selon le titre qu'il voulait mettre à son oeuvre.
En d'autres termes, Hautin, chargé d'entretien des catapultes de secours, se fichait complètement des héros, des héroïnes (aucune rumeur de personnage féminin en armure n'avait encore couru, mais ça ne tarderait pas ; d'après lui, dans tout conflit plus ou moins important, on laissait s'amuser une demoiselle tout en surveillant discrètement qu'elle ne fasse pas n'importe quoi. Cela permettait plus tard d'éviter de poursuivre la guerre dans la cuisine, la femme du soldat pouvant être tout aussi fière, par procuration, que son mari, ce qui empêchait toute discussion oisive sur l'égalité des genres devant le carnage organisé), des monstres et des coups du Destin. Ou plus exactement, il se moquait du chiffre que porteraient les dés une fois que ce serait joué, tout en ressentant tout de même une impatience grandissante : quand donc cette maudite destinée se déciderait-elle pour un camp quelconque ?
Car il était prêt, et fin prêt. Pas à se lancer dans la bataille, ola non, très peu pour lui. Loin d'être lâche, on pouvait même sans risque aucun le classer dans la catégorie des valeureux à tendance suicidaire quand le jeu en valait la chandelle, Hautin était un original. Il l'était tenacement, et tenait à le rester. Etre un héros, cela lui était arrivé, de préférence devant peu de témoins susceptibles de le répéter, et généralement quand cela était passé de mode ou hors de saison. Mais céder à cette tendance passagère qui poussait actuellement tout jeune homme en dessous de quatre-vingt ans à se considérer comme l'éventuel sauveur de la Terre du Milieu, non merci. D'autant que dans un tel chaos, cela était par trop facile. A peine dix minutes auparavant, Hautin, chargé des catapultes comme on l'a dit, avait assisté à un tir magnifique, atteignant en plein une tour d'assaut imposante s'avançant à dos d'Oliphant vers un point mal défendu de la première enceinte. Les acclamations autour de lui formaient une pluie, tout comme les morceaux de Haradrim tombant de la tour en question, et Hautin acclamait avec les autres la précision du coup, quand il s'était rendu compte que c'était sa propre épée, tombant lourdement sur la corde qui retenait le tir de l'engin dont il avait la garde, qui avait décidé d'elle-même d'entrer au panthéon des Héros de Minas la Blanche. Furieux et pour éviter une rechute, il ne réarma pas la catapulte, qui finit là sa carrière d'arme providentielle...
[Partie 1/3
]
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #21 le:
2009-10-30, 01:08:49 »
Le cor du commandant suprême des armées de Rohan sonnait à Edoras. Il incombait d'ordinaire au Roi de le faire sonner, mais cette fois-ci le fils avait pris ce rôle. Il rassemblait des troupes afin de repousser la menace qui venait d'Isengard.
Les Cavaliers, divisés jusqu'au sein même des éoreds, suivaient le Prince ou restaient auprès de leur Roi qui, sous les conseils de Grima, ordonnait en vain de rester à Edoras. Elwariel avait choisi de suivre Théodred. L'eau de pluie ruisselait sur les armures de cuir des cavaliers jusqu'à tomber au sol, les chevaux au galop les éclaboussaient à chaque pas.
Ils arrivèrent au bout de quelques jours face à face avec l'armée de Saruman, et la mirent rapidement en déroute; les Rohirrim étaient mis en confiance, ils continuaient leur progression vers Isengard. Ils voyaient au loin les torches s'éteindre une par une, comme des lucioles que l'on écraserait dans l'obscurité. Etait-ce la pluie, ou une tentative de dissimulation ? Ils semblaient en tout cas peu nombreux et désorganisés.
Les serviteurs de la Marche avançaient jusqu'à voir des torches s'allumer subitement tout autour d'eux, simultanément et dès que le son du cor Orque ait fini de résonner dans leurs oreilles. Une première volée de flèches s'abattit sur eux en même temps que Théodred et ses officiers criaient les ordres de formation défensive. L'étau orque se refermait consciencieusement autour des cavaliers qui s'organisaient hâtivement, et dont les archers les plus rapides avaient déjà commencé à tirer des flèches.
Un gigantesque Uruk, à la tête d'une section d'autres Uruk Hai portant la main blanche sur leur casque d'acier, approchait en ligne droite de Théodred. Le terrain ne se prêtait pas à l'équitation et il lui était difficile d'éviter ce combat, cette mise à mort prononcée... Les Cavaliers tombaient autour de lui et le sang des hommes, des équidés et des orques se mêlait dans des flaques noirâtres au sol.
Elwariel était tombée sous les coups de l'Uruk alors qu'un petit cercle d'hommes de Théodred protégeait encore son Prince; l'Orque envoya sa poignée de troupes les occuper afin de s'en prendre au fils du Roi. Le duel fut mortel pour l'abomination de Saruman... et pour Théodred. Les hommes de Grimbold et d'Efhelm afin de recueillir ses ultimes paroles avant de lui ériger un tertre funéraire.
Le corps de l'ancienne Takenwigend gisait au sol, comme ceux de ses frères d'armes qui avaient choisi de suivre Théodred.
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #22 le:
2009-10-31, 09:32:49 »
Prêt à quoi alors ? A tout. Il était Garde de Calembel, comme attesté par son uniforme, par le registre, par sa fonction, par sa tête de septuagénaire grognon et à cheval sur le règlement (au sens propre comme au figuré d'ailleurs, Règlement étant aussi le nom de sa monture), promu à la défense de la Cité Blanche. Une cape soigneusement roulée dans quelque coin d'armure, ainsi que l'absence de tout rhumatisme articulaire ou de quelconque somnolence après deux jours de veille continue, attestaient quant à elles que Hautin en question était aussi Monck, en fonction auprès des Corsaires, et après un rapide passage chez le barbier, fringant jeune homme de Númenor. Un document signé du Roi Théoden - signature tremblante ou pas, c'était le Roi – et contresigné par le conseiller Grima (au bas du parchemin, morceau qu'on pouvait aisément arracher si les nouvelles de profonds changements venues du Rohan s'avéraient) certifiait que le dénommé Berlat était paisible berger dans un quelconque endroit herbeux du Rohan, et il devait garder aussi dans quelque endroit quelque laisser-passer de quelque clan oriental. Plus un talisman anti-sorcier acheté à Grim un beau matin de bienveillance amusée. Si Hautin avait connu l'existence des Ents, autrement que par des chants devenus assez vieillots, il aurait sans nul doute tenu non loin de lui un tronc d'arbre évidé, de façon à se déguiser en arbre si le besoin s'en faisait sentir.
Ainsi assurée contre à peu près toute issue raisonnablement prévisible de la guerre (une arrivée massive de Nains n'étant a priori que peu à craindre), ou du moins de la bataille qui faisait rage à cet instant, sa position n'était toutefois pas sûre à proprement parler. Il ne pouvait en effet pas enfiler tous ces masques à la fois, et toute erreur dans la petite pièce dont il jouait l'acte d'avant l'entracte pouvait bien entrainer la tombée définitive du rideau, un rideau auquel il tenait beaucoup malgré tout. D'où une fébrilité qu'on ne lui connaissait guère, mais qui dans les circonstances actuelles, était à peu près aussi remarquée qu'un Hobbit sur le champ de bataille quelques furlongs plus bas.
On arrivait cependant à ce fameux tournant ; Hautin, qui était un vieux de la vieille au moins selon une de ses identités, le sentait parfaitement. D'ailleurs, cela sentait effectivement, et l'héritier du peuple de marins qu'il était ne fut pas long à percevoir dans l'air comme des effluves d'un vent venu du large. Quelques étages plus bas, un grand capitaine venait enfin de remarquer, avec une certaine douleur ou du moins quelques dommages collatéraux, qu'il y avait bel et bien un Hobbit sur le champ de bataille ; le tour de Hautin allait venir.
***
Eh bien voilà, cela y était. Pas prévisible, mais presque : tout ce petit monde de Gondoriens était bel et bien condamné. Au loin se profilaient les silhouettes bien connues des navires d'Umbar, avec sur leurs ponts bientôt, les silhouettes tout aussi connues des Corsaires. Monck pensa à son vieil ami Ribald, qui aux dernières nouvelles avait pris du galon. Tant mieux, un ami bien placé est toujours utile : il est généralement de bonne humeur, et c'est ce qui compte en des temps gris.
« Bien le bonjour mes amis ! » lança-t-il aux sombres nefs, lançant son chapeau au moment où Eomer brandissait son épée, devant quelques Gardes du Gondor hélas pas assez anéantis sur le moment pour ne pas être stupéfaits de cette attitude. “Oh. Euh...” Des regards insistants, allant de la gêne à la haine pure et croissante, se dirigèrent vers le vieux bonhomme, qui se sentit tout à coup très mal à l'aise, tant devant ces hommes que par un sentiment qu'il ne s'expliquait pas, une voix stupide de souffleur incongru qui lui sifflait « Trop tôt imbécile, trop tôt la réplique ! ». Des hommes se levèrent, très pâles, la main sur la garde de leurs épées avides d'une vengeance qui aurait été nettement plus ardue à obtenir sur le champ d'une bataille perdue. « Dommage, j'y étais presque ». Le fier Monck se prépara pour ce dernier combat, qu'il mènerait seul contre tous, lui le premier de l'assaut des Corsaires, à une dizaine de bonnes lieues de l'avant-garde, combat où il trouverait la mort, c'était chose convenue, que cela soit percé d'une lame ou en s'élançant avec un rire de défi dans le vide.
Cela pensé, le vieux roublard de Hautin, faisant taire l'imbécile de blanc-bec aux projets fous qu'il était, fit tranquillement face, de son éternel visage de troupier se levant du pied gauche tous les matins depuis qu'il savait marcher, l'air du supérieur méprisant devant la bêtise de ces hommes qui avaient l'air de vouloir se venger, alors que leur supérieur ne voyait pas du tout qui pouvait bien être l'objet d'une vengeance. Instant trouble, où les Hommes du Gondor, clignant des yeux devant un Soleil perçant les nuages, voyaient dans cette forme ramassée, et pourtant si fière, de vieillard drapé dans son uniforme rapiécé, tantôt le chef de toujours, tantôt le traitre enfin démasqué. Un des deux masques s'effaçait peu à peu, et bientôt cet instant passerait, le déguisement tomberait, et Hautin avec. Face à ses ennemis, dos à l'Ennemi supposé, Hautin lança la dernière réplique, qui devait tout dire, sans rien exprimer. Un dernier pari, complètement irationnel : après tout le Destin jouait aux dés, autant s'y mettre.
« - Imbéciles, vous ne voyez donc pas ? Regardez, ahuris ! »
Au son de cette voix, sous la force de l'habitude qui avait plié ces pauvres gardes sous un flot continuel de reproches subis depuis des années, et malgré la noblesse des sentiments haineux qu'ils avaient en leur coeur, ils obéirent au supérieur qui les tançait. Ils se précipitèrent à ses côtés pour contempler les champs du Pelennor et les environs, scrutant avidement le paysage, et Hautin ricana, triomphant. Cinq bonnes secondes, c'était à peu près ce qu'il gagnait à les envoyer soigneusement constater qu'il n'y avait rien à voir. Inutile ? C'était toujours plus de secondes que ce qu'il aurait vécu en s'élançant l'arme à la main, et il avait l'étrange certitude que ce répit lui suffirait pour s'en sortir. Pourquoi il n'en savait rien, mais le fait est qu'il ne songea pas même à s'enfuir. Non, il contemplait les miracles de la grise autorité. Ses bons soldats n'avaient jamais obéi avec tant de stupéfaction, comme pétrifiés, à un simple ordre de sa part, fût-il prononcé d'une voix qui voyait sa dernière heure arrivée. Non, vraiment jamais obéi ainsi. « Fichtre, que regardent-ils donc pour être si ébahis ces braves gens ? Y aurait-il vraiment quelque chose à voir finalement ? ». Hautin se retourna lentement, et le flamboiement des Etoiles d'Elendil le frappa en plein visage. Posément, comme s'il n'y avait rien de surprenant à cela, au milieu des regards emplis de joie et de reconnaissance pour le bon vieux chef qui les avait, au fond, guidés vers la victoire, il lança à nouveau son chapeau, laissa passer les acclamations, et s'exclama à nouveau « Bien le bonjour mes amis ! », pour s'agenouiller devant l'étendard du Roi. Silencieusement, dans un coin de l'âme en armure du Fidèle Soldat, résonnait le grand rire de Monck.
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #23 le:
2009-10-31, 20:18:43 »
La défaite des deux cotés. La mort et la honte.
Ribald Sabrefer montait les marches du manoir à la hâte. Le soleil allait bientôt se lever sur Umbar et la nuit avait été longue.
Si l'homme le plus puissant d'Umbar plie le genoux, quel espoir reste-t-il?
Il y avait bien réfléchit. Libre aux fous et aux ambitieux d'aller défier directement Lautorhion.
Ribald prit un premier couloir. Personne n'était susceptible de le croiser à cette heure, le manoir était presque vide depuis quelques années. Pelargir les avait laissé en grande faiblesse. Quant aux soldats gondorien, ils n'avaient pas encore investit les lieux. Cela ne saurais tarder toutefois et Ribald n'avait qu'une heure ou deux devant lui. Un virage à gauche puis un à droite. Voilà. Il sortit la torche de son support mural et pénétra dans la salle des archives.
Plusieurs rouleau de parchemins étaient entreposé près d'étagères remplis de livres. Une table de bois massif trônait au centre de la pièce. Ribald fouilla un moment les rayons à la faible lumière. Finalement, après quelques minutes, il s'arrêta et extirpa un rouleau de la bibliothèque.
Lorsqu'un homme n'a plus la force de combattre, lorsqu'il est prit entre le marteau et l'enclume, quel espoir lui reste-t-il? La fuite?
« Non... pas une fuite... » murmura-t-il à lui même.
Une esquive.
Ribald déplia la carte sur la table. C'était un bon document. Le cartographe, un certain Sunil, avait prit la peine de noter tout les détails utiles à un bon marin. Il suivit d'un doigt distrait les indications maritimes inscrites sur le papier. Il inspecta également par la suite deux autres parchemin presque identique au premier. L'un était beaucoup plus vieux et indiquait l'emplacement d'une multitude d'îles disséminées sur l'océan. Il s'agissait sans doute de la carte originale, celle découverte par Monlorn. Un vestige d'une gloire passé. Lorsqu'il eut finit il approcha les documents des flammes de la torche. Le feu prit rapidement.
Il fallait disparaître... disparaître où nul autre vaisseau ne pouvait les suivre. Au delà des cartes. Là où l'ennemi les oubliera. Ribald hocha tranquillement de la tête en observant le parchemin brûler.
Et lorsqu'ils auront oublié, alors nous reviendrons, nous les égorgerons dans leur sommeil et ils se rappelleront les voiles noires, les cris, les pleurs et la peur de la mer.
La dernière copie existante de la route vers Taidorôth bien placé sous le bras, Ribald sortit.
[à suivre]
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Les corsaires d'Adunambar
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #24 le:
2010-01-30, 03:11:10 »
La fin d'une bête monstrueuse
.
Tout commença le jour où les grands seigneurs de la terre noire se mirent à déplacer des troupes vers Minas Morgul. Ce jour ou peut-être cette nuit, les troupes de la Horde Sanglante restèrent dans leur quartier. Bien que le Prak-hurz Yorglok, depuis quelques années avait ce nouveau titre, il voyait bien que quelques choses se passaient, mais pour une fois, il n’était pas au courant des activités effectuées. Alors que les uruk-hai continuaient leurs entraînements dans l’arène ensanglanté, une silhouette d’orque assez mauvaise et totalement protégé d’une armure d’os d’humain maculé d’un rouge sombre s’approchait de la grande porte principale du bâtiment du regroupement d’uruk-hai.
Alors que le Rogtar Trup Urgash était à son emplacement habituel, juste devant l’entré de la sale du trône, celui-ci surveillait les brutes et essayait de contrôler bien que mal ce qui se passait dans les murailles. Du coin de l’œil, la machine de guerre aperçue son plus haut gradé qui venait proche de lui avec ses Guruk-haz
.
Yorglok :
Rogtar Trup ! Qu’est-ce qui est sur le point d’arriver dit moi donc. La carcasse qui se pointe devant notre porte n’a pas l’air à se soucier de sa vie ! Les humains ne comprendront jamais ! J’ai toujours dit qu’ils étaient venus que pour nous voler un parti de notre territoire d’orque ! Ils ne sont que des plaies pour le Mordor, la grande Bouche de Sauron et le puissant Œil !
Urgash :
Arg ! Mon Prak-hurz, il m’a tout l’air que ce n’est pas un homme du Soleil Noir et ni un marchand.
Vahuk :
Har har ! Je crois que notre Capitaine vient nous voir ! Il pourrait enfin nous expliquer les plans qu’ils trimbalent là haut !
Drak:
Hurm hrum!
Et comme de fait, c’était bien le Capitaine Ghorzach qui venait de la grande tour de Barad-dur bien armé d’une petite poigné de Snaga des mines, sûrement les plus puissants qu’il réussit à entraîner comme Garok. Dans la sale du trône il n’y avait que les grands dirigeants. Bien sur, le semi-troll n’avait guère le droit d’entrer dans celle-ci, comme toujours il devait surveiller la porte puisqu’il ne pourrait pas comprendre les plans que trafiquaient les orques de sang. Après quelques temps, tout semblait terminé, les Guruk-haz finirent par quitter la pièce et préparer les troupes. Suivant les casques rouges, le Capitaine s’approchait d’Urgash
…
Ghorzach :
Rogtar Trup, mon esclave! Tu m’as suivi pendant plusieurs convois, batailles et guerres ! Je t’ai nommé Rogtar Trup parce que tu étais celui qui se démarqua le mieux, tu fus la brute qui me servit d’esclave, de bélier et de garde du corps pendant plusieurs années ! Et maintenant que je me fais vieux, tu es sur la surveillance du nouveau Prak-Hurz de la Horde Sanglante et tu es le commandant en chef d’entraînement des troupes de Bouche de Sauron. Tu es celui qui commande la totalité des troupes de ta race et des trolls de Yorglok et tu es presque notre mascotte ! C’est ainsi, que je te donne ton dernier ordre en temps que maître.
L’uruk au casque rouge expliqua à Urgash qu’il aurait besoin de lui dans les prochaines batailles qui suivront. Et comme de fait, la Horde Sanglante était présente devant les portes de Minas la blanche. La bataille de la cité détruite avait été une victoire totale avec les stratégies des maîtres et des alliers du Mordor. Les grands seigneurs était presque…heureux comme si c’était la première fois que le Mordor aurait cette zone en possession. La nuit était tombée et les tires de catapultes enflammer pouvait se faire voir. De son côté, l’énorme monstre au commandement d’un majeur parti des casques rouges jouait de son tambour. Les vagues de sons se faisaient entendre, une musique de terreur faisait trembler les chantiers du Pelennor. Les orques criaient un mouvement de terreur que nul au par avant n’avait jamais entendu. « URUK À CHA ! » s’écriaient-ils d’une voix mauvaise et terrible.
Devant les murailles de l’énorme cité gondorienne, les portes viennent d’ouvrir face au lourd bélier à la bouche de feu. Tandis que les snagas entraient en premier, pour une fois, le Rogtar Trup se tenait encore debout. Habiller de son armure rouge de classe qu’il avait durement mérité, de son pavois de la même couleur et d’une lourde masse d’un métal plutôt rarissime à voir, il donna l’ordre de se mettre à avancer pour conquérir la cité. Les ordres étaient simples, tout massacrer sur son passage et atteindre le dernier étage de Minas Tirith pour y mettre le drapeau du Mordor et surtout celui de la Horde Sanglante. Quelques temps fini par passer, les trolls défonçaient les portes barricader par les cadavres ambulantes ennemies. Après avoir passé sur plusieurs corps, après avoir goûté à du sang qui venait embellir le décor de la lumière sur les murs propres de la cité qui ne ressemblait pas à ceux de Barad-dur, la machine de guerre ne pouvait pas s’arrêter ici au premier étage, surtout après avoir vu des vermines reculer en le voyant, prient de peur. Ça ne faisait que le rendre plus fort intérieurement, comme si sa haine n’avait pas de limite face à des humains aussi pitoyables. Il était entraîné pour tuer, détruire et massacrer ! Et depuis qu’il était le semi-troll de pacotille que le capitaine Ghorzach avait récupéré dans la mine, il devait lui faire honneur une fois de plus.
Alors qu’il était en plein combat et qu’il faisait crier ses victimes de mort comme à l’habitude, quelques choses se passa. La notion du temps n’avait plus d’importance car au travers de lui, il voyait flotter une lance fantomatique. Il finit par se lever la tête pour regarder les nabots d’humains qui lui avaient l’air plus effrayer que normalement face a lui. En regardant sur sa droite et ensuite sa gauche, des âmes couraient partout en tuant des snagas, des uruk-hai, des trolls… Plus rien ne tenait debout. Bien que la lance restait exposé dans le corps de la brute épaisse, il n’arrivait pas à enlever l’arme. Le semi-troll au nom de Rogtar trup Urgash et émissaire de la Horde sanglante fini par tomber après cinq autres armes d’esprits maléfique et la dernière venue lui couper en dessous du casque ensanglanté par de nombreuses batailles. Le corps était trempé dans un liquide noir qui touchait à son armure d’une rareté et de sa bandoulière qui était fortement gradé pour une brute de son calibre.
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #25 le:
2010-01-30, 05:06:35 »
Une veangeance devenu réelle et une justice Morte
.
Les jours continuaient d’être sombre pour l’ancien membre du Soleil noir. Depuis qu’il avait apprit qu’Azrabelo était redevenu le chef et qu’il avait poussé Trynis de son trône, un semblant de dégoût lui apparut dans sa gorge. Depuis ce temps, il continua à faire son boulot d’assassin, mercenaire, tueur à gage. Même que son passe-temps secret, celui de Loyaliste, était toujours présent. Il se battait toujours pour sa propre justice et contre les idiots qui voulaient faire d’Umbar un empire avec leur corsaire qui se croyait par-dessus leurs propres lois. Sous sa capuche, il devait tout de même avouer qu’il avait eut beaucoup de plaisir avec sa Cybille et ces amis. Sauf dans le cas de Serner bien sûr, sinon toute allait bien.
Cette fois-ci, Tyrael avait des petites problèmes, maintenant qu’il n’avait plus les pouvoirs qu’il avait avec Trynis et le Mordor, il devait faire toute la paperasse lui-même et par Morgoth ! Il se rendit compte qu’il était aussi paresseux qu’un obèse de Nardjam qui se prend pour un riche. Même s’il se débrouillait du mieux qu’il pouvait, il avait toujours besoin d’information contre le gondor, il ne pouvait plus faire ses espionnages lui-même depuis qu’il avait empoisonné les nobles et dirigeants de Minas Tirith, mit en danger tant de gens avec ses missions contre l’ennemie et que dire du nombre de personnes qu’il avait tué…Ce n’était plus à compter sur ses doigts, mais plutôt sur au moins une quinzaine de pair de mains. Mais au moins, il pouvait maintenant faire confiance à son frère jumeau, Terziel. Il était plutôt bizarre, mais avec quelqu’un qui nous ressemble comme deux gouttes d’eau, il est difficile de différencier lequel est le plus rechercher sur les Terres du Milieu. Mais pour cette fois, il fut rencontre avec Gelar, son fidèle acolyte qui le suivit après avoir parti des troupes humaines du Mordor. Ceux-ci se firent rencontre à la cité d’Harnast, entre la cité pirate et le pays des sables. Les deux hommes devaient se rencontrer dans une ruelle où ils se voient toujours durant la nuit.
Gelar
: Te voilà enfin Tyrael. Il y a longtemps que nous ne nous sommes pas rencontrés.
Tyrael
: Effectivement et comme toujours, j’ai besoin d’information sur mes prochaines missions. Tu seras, comme depuis quelques temps, récompensé pour ce que tu fais envers moi et c’est normal avec les risques que tu prends.
Gelar
: Tu sais très bien que je…ferais presque tout pour tes pièces ! J’ai des informations pour toi, mais elles m’ont presque mit la tête à prime, tu devras assassin le plus de gens possible sur cette liste cette fois, sinon ne compte plus sur mon aide.
Et comme toujours, le détenteur de l’épée légendaire ensanglanté accepta le contrat. Mais quelque chose continuait de troubler les penser du jeune homme…
Gelar
: Et comment va Cybille ?
Tyrael
: Humm…Si tu veux vraiment le savoir, j’ai toujours eu beaucoup de problèmes avec cette femme, mais cette fois, je crois avoir touché le fond pour de bon. Elle ne va pas vraiment bien depuis plusieurs mois…
Et comme à l’habitude, l’assassin n’osait pas dire ce qu’elle avait. Car lui-même était au courant depuis très longtemps et quelques choses lui faisaient peur dans cette histoire entre Trynis et elle. Si elle ne guérissait jamais de cette marque maudite, il en serait sûrement l’un des seuls responsables. Et pourtant, il était prêt à tout faire pour cette femme, aller la chercher dans Rhun, se marier avec…Tuer celui qui l’avait enlevé et empoisonné. Et maintenant qu’il devait retrouver Trynis pour lui faire enlever cette satané marque démoniaque, il ne pouvait plus le retrouver comme s’il avait disparu de la surface des terres. Pendant qu’il se faisait des réflexions, il reçut un coup à l’arrière de la tête. Tyrael tomba au sol comme un sac de pomme de terre. Il voyait bien avec sa vision plutôt floue qu’il y avait que Gelar a coter de lui, avec une roche dans la main.
Balkyr
: « Il était enfin temps que tu descendes ta garde Assassin. Depuis plusieurs années je suis à tes côtés et tu ne m’as jamais découvert » Dit-il avec un sourire plutôt mauvais et heureux de son coup.
« Il y a maintenant plusieurs années que tu m’as enlevé la seule personne que j’aimais le plus dans ma vie. Elle était malheureusement témoin d’un de tes meurtres. Et par les Valars ! J’espère qu’Andréa voit ce que je suis en train de te faire ! Tu as détruit ma vie pendant tant d’années, le seul regret que j’ai est de ne pas t’amener en Gondor, devant Minas Tirith pour te faire pendre devant les gardes et les citoyens que tu as fait souffrir. Mais…je veux en finir avec toi une fois pour toute, une vengeance à laquelle j’ai le droit et que j’attend depuis trop longtemps ! Vengeance et justice vont ensemble et pourtant tu ne semblais pas le savoir ou peut-être que tu l’aurais perdu durant tes grands voyages pour le Mordor ! Tu étais anciennement du même côté que moi et tu as réussit a te dévier de ta trajectoire depuis le jour que tu es supposément mort à Osghiliath…J’en sais beaucoup trop sur ton cas ! »
Alors que Balkyr en avait plutôt lourd sur le cœur, il finit par prendre une décision. Faire payer Tyrael pour tant de mort. Il prit une des dagues que l’assassin qui traînait sur lui et le poignarda à plusieurs reprises sur le torse.
Le lendemain matin, le corps de Tyrael était retrouvé dans la rivière du Harnen avec des traces rouges sanglant autour de lui, en direction d’Umbar. Beaucoup en entendirent parler, beaucoup en était sur le choc, mais peu en firent vraiment quelques choses…
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #26 le:
2010-01-30, 14:20:27 »
Un Chevalier à terre
Le bruit des armures, des armes, le lourd pas rythmé de toute une armée, la joie de tuer sur son visage d’Orque, Mordak, simple trouffion du Mordor a vraiment hâte de se jeter dans la bataille.
Un sabre mal forgé au ceinturon, un arc mal taillé à la main droite, cela suffit amplement à tuer des hommes, et plus précisément des Gondoriens, car à présent, se dresse au loin la Cité des Rois.
D’un pas lourd au son des tambours de guerre, il avance, entouré de milliers de ses congénères, vers les droites murailles. Leurs sourires laissant apparaître leurs crocs en disent long sur leur envie meurtrière.
Soudain, un grognement sourd retentit dans la plaine. La masse irrégulière et quelque peu désordonnée s’arrête. Ils sont à présent à bonne distance d’arc et arrivent même à distinguer les formes des combattants, qui, au loin, tentent du mieux qu’ils le peuvent de rester en vie. La horde grogne sa rage et est prête à courir au devant des soldats meurtris, fatigués et aux portes de la mort. Ils ont l’avantage du nombre, du lieu et du moral, et ils le savent, la peur des hommes est ressentie à des kilomètres par ces créatures.
La bataille se déroulant sous leurs yeux avides de sang est sur le point de prendre fin, les survivants des deux côtés se replient et reforment les rangs.
Le ciel s’assombrit encore plus, comme signe d’un mauvais présage pour ces hommes qui croient en tout, mais quelques uns d’entre eux à pied ou à cheval, se mettent à crier et à vociférer des phrases, rendant petit à petit, le courage et surtout l’espoir à ces soldats qui se battent pour leurs vies et celles de tous ceux présents encore derrière les remparts.
Second grognement, et les Orques aux premiers rangs se mettent à bander leurs arcs en direction des faibles lignes défensives.
Boucliers en protection, légèrement recroquevillés sur eux, les hommes attendent. La flamme de vie à l’intérieur de leur âme est toujours attisée par les voix de certains, passant outre les cris de l’ennemi.
Troisième grognement, les flèches partent, fondant sur les troupes telles une nuée apportant la mort, et au même moment les guerriers Orques se lancent sur leurs proies avec fougue.
Une fois que la pluie s’est abattue, trop peu réussissent à se relever.
Mordak a déjà rangé son arc et dégainé sa lame, il se jette à présent à l’assaut, sautant par-dessus les cadavres, à la recherche d’un adversaire. Son regard se pose alors sur un soldat à pied venant de trancher 3 Orques à la suite avec difficulté. Il bande son arc et tire une première flèche, le bougre la prise en plein torse mais résiste. Une seconde flèche lui est envoyé ce qui réussit à le faire lentement s’effondrer au sol, sous le regard désespéré d’un second soldat arborant un Cygne blanc sur son bouclier..
« Au suivant.. » s’exclama-t-il suivit d’un rire démoniaque.
Son rire se transforma en grimace figée par la douleur, et sa tête tomba non loin d’un cadavre de Warg.
…
Jonus et une poignée d’autres Chevaliers de Dol Amroth s’étaient déployés sur le flanc droit d’une unité de tir, elle-même située juste à l’arrière d’un peloton d’épéistes et de lanciers. Un rassemblement très bien organisé, d’unités qui se complètent et qui rend le sourire de par la prestance et l’efficacité de chacune d’entre elle.
La journée était belle, malgré le gigantesque nuage de poussière qui s’avançait au loin, le soleil était au rendez-vous, comme lors de nombreux combats que le Chevalier avait engagé.
Cependant, aujourd’hui était différent, l’ennemis était en grand nombre, jamais vu jusqu’à présent par ses yeux, et surtout, ils arrivaient aux pieds des blanches murailles.
Cette fois-ci, il ne pouvait s’empêcher de penser que ce sera la dernière bataille pour lui.
Il se mit à regarder chacun des hommes autour de lui, et ne fut pas surpris d’apercevoir la stupéfaction, la détresse et la peur sur leurs visages. Lui-même en ressentait au fond de lui mais se devait de le cacher.
De longues minutes s’écoulèrent à attendre que ces hordes arrivent à portée.
Les troupes de Sauron s’arrêtèrent enfin, arrivées à présent à portée d’arc.
Quelques cris résonnèrent, et les premières flèches se mirent à siffler dans les airs de part et d’autre.
Tant bien que mal, les hommes se protégèrent comme ils purent, et à chaque nouvelle nuée, l’espoir s’amincit de plus en plus.
Lorsque l’échange de flèches cessa, et que les archers laissèrent la place aux guerriers, les officiers restants, ainsi que les hommes de hauts rangs, se mirent à vociférer des paroles pour remonter le moral de leurs troupes.
Quelques coups d’étriller, et le voilà à présent au devant de ces cavaliers avec lesquels il avait déjà combattu à maintes reprises. Tout en dégainant sa lame, il tenta de leur rendre le courage et l’espoir par ces mots, tout en étant face à la mort :
«
EN MOI AUSSI ! Vous y verrez la peur, de mourir au combat !
…
En moi aussi, vous y verrez l’appréhension, de devoir affronter autant d’ennemis !
…
En moi aussi, vous y verrez la douleur, de perdre des camarades, des amis, des frères !
…
En moi aussi, vous y verrez la détresse, lorsque le repli sera notre unique issue …"
Une première vague Orques s’élança sur eux..
Il se retourna alors, souriant à tous ces hommes qui ne comprenaient plus rien.
"MAIS VOUS NE LE VERREZ PAS MAINTENANT !
Ce ne sera pas lors de cette bataille, que le courage, et l’espoir des hommes vacilleront !
Peu importe le nombre, peu importe la taille, peu importe l’arme qu’aura notre ennemi, nous le pourfendrons ! Et pour chacun de nos frères tombés, dix des leurs s’écrouleront simplement par le piétinement de nos montures ! Nos lames, en trancheront à elles seules une vingtaine au minimum ! COMBATTEZ Chevaliers de Dol Amroth ! Combattez main dans la main avec vos frères de Minas Tirith ! Ensemble, nous repousserons ces immondes créatures loin de nos terres, loin de cités, LOIN DE NOS FAMILLES !""
Projetant sa lame vers le ciel, les yeux de ses camarades emplies d’une flamme de vie brûlante, il s’écria tout en pointant les orques qui se ruaient sur eux :
"Les ailes blanches du Cygne vont s’abattre sur vous ! En formation !"
Un triangle se dessina parmi les cavaliers.
"Que la victoire soit sur nous ! QUE LA MORT SOIT SUR EUX !
POUR LE GONDOOOR !"
Le triangle perfora les lignes Orques telle une immense flèche le torse d’un homme. Suivit par l’infanterie débordante d’envie de massacre, la charge prit fin et les épées se mirent à danser.
Comme il l’avait dit, nombreux étaient les ennemis au sol, mais trop peu d’hommes restés debout une fois la vague mise en déroute.
Malgré les hurlements de joie, tous savaient que lors de la prochaine, ou de celle d’après pour les plus chanceux, ils finiront par céder. Cependant, plus rien ne pouvait ébranler l’espoir et le courage qu’ils avaient tous en eux.
Après une nouvelle nuée mortelle, une seconde charge était sonnée contre la vague suivante d’ennemis.
Plus aucun cavalier n’était en scelle lorsque la fin de cette bataille approcha. Jonus et quelques soldats formèrent un petit groupe de façon à ne pas être trop souvent prit à revers.
A un moment ou il fut détaché du groupe, épuisé, il arrivé tant bien que mal à repousser trois Snagas d’un enchainement digne de son mentor… Mais c’est à ce moment là, qu’une forte douleur au torse le fit reculer d’un ou deux pas. Une flèche venait de se planter en plein dans son thorax. Sans trop savoir comment, il resta debout, mais ces yeux se troublèrent rapidement.
La douleur s’intensifia et une autre apparu un peu plus bas dans son ventre ce qui le fit se mettre à genoux et vaciller lentement sur le coté.
Son dernier souffle bloqua ses yeux sur le visage d’un cavalier désormais à pied, le regardant, le visage terrifié.
Le noir l’emporta sur sa vision et les sons des combats et cris s’estompèrent..
Sa dernière pensée était tournée vers sa fille, Adelia, lorsque la mort le prit.
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Anciennement Sire Jonus Chevalier de Dol Amroth,
Et Raynar le nain, Grand Maitre Mineur d'Erebor.
Damoiselle Lena de la Cité du Cygne, recrue de la Cité Blanche
( site de la Garde du Gondor et des Chevaliers de Dol Amroth :
http://zelphalya.free.fr/turambar/gondor/index.php
)
Brachan
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
«
Répondre #27 le:
2010-02-01, 19:02:18 »
[Voici la suite de la mort de Baradon, avec beaucoup de retard. Il reste encore une troisième partie]
La douleur se fit plus vive. Quel part de ce serment avait-il respecté depuis les vingt années qui s’étaient écoulées ? Le regard transperçant du spectre d’Aldor accentuait le désarroi et la honte que Baradon ressentait à la réponse emplie de vide, qu’il se fit en son for intérieur.
Au regard de son devoir de sentinelle protectrice du Gondor, force était de constater que malgré son accession au titre d’Aglaewen, son parcours dans la chevalerie n’était qu’une succession d’échecs. D’abord vint la raillerie et le dédain des anciens camarades de son père puis de son frère dans la garde du Gondor de Minas Tirith qui le poussèrent à quitter, non il devait le reconnaître, à s’enfuir de la capitale, pour trouver refuge en Belfalas. Là, la chevalerie lui offrit une chance de tenir son serment mais la joie de placer ses pas dans les pas de Bargil fut vite occultée ensuite par les errements de son initiation en tant qu’écuyer. Baradon se mit à en faire l’inventaire et chaque évènement retentissait en son âme comme un coup de tocsin pour son serment bafoué : la mort de ses nombreuses montures avant son pèlerinage pour découvrir Mirthmellon, son apprentissage lent et poussif du maniement de l’épée malgré qu’il eut la chance de s’exercer auprès de grands maîtres d’armes comme Draven, Elethor ou d’Ardamir, son futur beau-père, le secret qu’il tenta en vain de garder pour Dame Anarríma et qui manqua de peu de lui faire trahir la confiance placée en lui par son chevalier de tutelle.
Pourtant malgré ses erreurs, ses instructeurs surent faire de lui un homme d’armes et son suzerain et mentor de l’Ordre de Cygne consentit à le faire chevalier. Mais là encore, le sentiment d’accomplissement se mua en déception ; et s’il se hissa militaire équivalent à celui de son frère avant sa mort, ce ne fut que pour mieux voguer de défaites en défaites, et voir l’ennemi progressivement gagner du terrain. Il se rappela alors la cérémonie de son adoubement, perturbée par l’attaque des perfides lames de l’Ouest qui parvinrent dans leur assaut éclair à brûler les quais de la cité et à saccager l’île du phare. Sa pathétique intervention n’y put rien changer. Il se retrouva au sol, jeté dans les eaux glacées de la baie par un bandit au rictus triomphant et qui se gaussait de sa faiblesse. Comme cet évènement annonciateur résumait bien ses années à venir au service du Cygne. Tout son parcours était du même tenant, et la victoire glissait entre ses doigts comme la vie s’écoulait désormais de sa blessure. Jamais il n’avait pu tenir le serment fait à l’Ours, Asbjorn son ami de l’aider à se venger de l’ennemi qui obscurcissait ses terres et son existence. Jamais, il n’avait pu égaler les faits d’armes de son ami Jonus le brave. Jamais il n’avait pu se pardonner son impuissance face à la mort de Baramar le généreux. Nul cygne n’était accouru au son du cor du Gondor quand son ami avait péri, seul. Jamais il n’avait pu oublier le visage rongé par la douleur et la maladie de son ami Lloyd, lui aussi garde vaillant de l’arbre Blanc, quand la peste ravagea Linhir. Il aurait mieux valu que le guerrier incapable qu’était Baradon périsse à sa place, emporté par l’odieuse infection apportée sur nos terres par l’ennemi. Le chevalier avait pourtant prié pour qu’on l’emporte à sa place, mais les Valar ne l’avaient pas exaucé. Ils n’écoutent pas les prières des mortels. Un flot continu et amer coulait des yeux du chevalier mourant. Son âme payait le tribut des larmes et du sang, pour ses erreurs passées. Il était en enfer maintenant, il le savait !
Ainsi, comme un démon, le fantôme grimaçant de son père le força à continuer la liste de ses pitoyables déboires. Le calice des souvenirs marqués au fer rouge dans son cœur avait été levé, il fallait désormais le boire jusqu’à la lie et déversait ses regrets devant son juge et tourmenteur. Il survécut à la peste et devint même général d’armées, la gloire des oiseaux. Jamais titre ne fut plus mal porté ! Son frère devait maudire le sentiment qui avait poussé son frère puîné à tenter de lui ressembler, quand il contemplait le résultat désastreux. Car si en simple chevalier, il ne pouvait ternir que son propre honneur et maudire son impuissance et son incapacité, en tant qu’aglaewaren, son pouvoir était plus grand, comme les responsabilités qui étaient rattachées à ce titre. Il commit là encore bon nombre d’erreurs et entraîna avec lui moults soldats dévoués. Il demanda pardon dans un murmure à toutes les âmes défuntes du fait de ses mauvais choix, et elles étaient légion ! Il dut là encore égrener la litanie de ses infortunes, seul moyen de contenter le juge spectral de son passé incarné par son père défunt : L’échec désastreux de l’assaut d’Umbar la rebelle et la disparition de la flotte à peine ressurgie de ses cendres, la campagne du Harondor durant laquelle nombre de braves gondoriens succombèrent pour une poignée de sable que les autochtones reprirent bien vite en leur possession, la disparition de son bataillon lors d’une embuscade près d’Osgiliath, la terrible bataille de Pelargir et la révolte au sein du Belfalas lui-même. Dans un effort de volonté, il parvint à surmonter l’horreur que lui inspiraient les souvenirs de ses sombres évènements. La suspicion et la traîtrise avait empoisonné les cœurs et pour en finir avec cet ennemi invisible camouflé sous un soleil noir, il en était venu à torturer un prisonnier. Les cris de sa douleur avaient depuis résonnaient inlassablement dans les cauchemars du chevalier. Et tout cela, pour rien. « Maudit soit le Cygne ! » lui avait un jour dit la mère éplorée d’un des hommes dont il avait la charge. Peut-être l’était-il, finalement. Sur cette pensée, le spectre d’Aldor disparut dans un mouvement de brume…
Le calme emplit soudain l’âme du chevalier. Les larmes cessèrent et il se laissa bercer par le martèlement des sabots des chevaux, pris dans la fureur de la bataille. Un homme tomba, près de lui mort sous le coup d’un ennemi. En découvrant son visage, Eru qu’il était jeune, Baradon pensa alors à ses écuyers devenus chevaliers. Que devenaient-ils ? Etaient-ils morts eux aussi durant cette bataille qui voyait s’écrouler la civilisation des hommes, annonçant le temps des orques et des sombres créatures de l’ennemi sans nom? Il ne le saurait probablement pas mais s’ils survivaient, ce ne serait certainement pas grâce à son enseignement. Pour Jonus, le brillant chevalier était déjà plus fort que lui avant même de suivre son enseignement. Il avait plus appris qu’il n’avait enseigné. En retour, il n’avait pas su préserver Dame Mearia sa femme des griffes immondes des hommes d’Umbar et de leur souillure. Quand les chevaliers avaient payé la rançon, c’est une femme détruite, torturée et violée qu’ils ramenèrent à Dol Amroth. La rage qu’il avait ressenti alors l’envahit de nouveau un bref instant et lui fit crisper un poing mourant qui vint s’écraser mollement sur la terre battue des champs du Pelennor. Quant à ses deux autres élèves, Lorcann et Keren, il avait fait ce qu’il avait pu pour leur transmettre tout ce que ses brillants précepteurs lui avaient enseigné à lui, mais il avait le sentiment de s’y être mal pris, de n’avoir pas fait assez. Il était cependant fier d’eux, du parcours qu’il avait effectué en grande part par leur seul mérite. Mais jamais il ne leur avait témoigné toute la joie qui lui emplissait le cœur face aux cygnes émérites qu’ils étaient devenus. Il était trop tard désormais pour les regrets, comme il était trop tard pour bien des choses, la vengeance par exemple.
Sans que nul tourmenteur n’ait besoin d’agiter ses chaînes sous son regard voilé par l’ombre de la mort approchant, il revint lui-même sur l’échec qu’avait été la quête de vengeance de la mort de son frère. Il avait découvert son meurtrier, ou plus précisément la perfide Eralla, mais cette dernière n’avait cessé de le tromper et de le manipuler comme un jouet entre les mains d’une enfant colérique et peu soigneuse de ses affaires. Elle avait d’abord incarné pour lui le même personnage de chasseresse du Gondor, mystérieuse et envoûtante répondant au doux nom de Mathilda. C’est sous ce nom d’emprunt qu’elle avait réussi à approcher Bargil, tromper sa vigilance et gagner sa confiance, pour mieux le poignarder dans son sommeil. Encore maintenant, au bord de la mort, le chevalier ne pouvait oublier le début de passion que le jeune jouvenceau qu’il était alors avait ressenti en sa présence. Puis la supercherie avait été démasquée, mais ce fut presque par hasard. Par la suite, la corsaire révélée ne cessa de le harceler, l’acculant au combat et le laissant pour mort, défait et pitoyable à plusieurs reprises, lui révélant la vérité sur l’amant de sa mère, son vrai père et assistant dans l’ombre à leur duel final qui vit le fils tuer son père. Elle avait su le narguer à ce propos à l’heure où leurs routes se croisèrent de nouveau, lors des assauts insidieux du Soleil Noir. Malgré tout cela, il avait songé à lui pardonner. Il avait tenté d’expliquer à Keren lui aussi mû par un désir de revanche, à l’époque où était encore écuyer, le sens de sa démarche. Avec le temps, il avait appris que la vengeance ne fait qu’emplir le cœur de haine mais souille la vertu. La volonté de justice devait guider le bras du chevalier, pour qu’il reste pur et loyal à ses idéaux, capable de jugement clair même dans la cohue de la bataille ou dans les situations épineuses et ne cédant pas aux provocations faciles, entraînant dans les pires pièges. C’était un bien joli discours, fait de bien jolis mots mais aucun n’avait pu empêcher Baradon de commettre toutes ses erreurs. Peut-être était-ce l’amour interdit et avorté qu’il avait ressenti un jour pour Mathilda qui l’avait incité à l’indulgence envers Eralla avant qu’elle ne franchisse le cap de profaner le sanctuaire de son foyer et d’ôter Cuma à ses parents aimants. Là, il aurait voulu la tuer pour le mal qu’elle infligeait à Wilwarin. Mais jamais, il n’en aurait l’occasion désormais. Elle l’emportait une fois encore…
Même en amour, le chevalier n’avait su faire montre de clairvoyance ou quand le destin s’en était chargé pour lui, il n’avait su protéger son étoile du chagrin. Mais de par sa naissance, il devait être maudit par l’amour. N’était-ce pas un vagabond, futur corsaire qui parvint à voler le cœur de sa mère qui était son véritable père ? La mort apportait au moins la délivrance de ne plus à avoir à porter ce secret honteux qui pesait sur son origine. Mais cela n’empêchait pas qu’il était parricide. Amekor était venu à lui et lui avait parlait de l’amour qu’il ressentait pour Alania. Ses mots étaient sincères, tout comme sa musique. Dans l’air, résonna soudain la chanson d’amour des deux amants maudits. Sous les yeux de Baradon apparut alors son père, le regard triste, portant un trou béant à l’endroit où Don du prince avait pénétré la chair. Le cauchemar n’était donc pas achevé, le repos de la mort ne lui était pas encore accordé…
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Re : Dernières mémoires du Troisième Âge
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Répondre #28 le:
2010-02-03, 00:14:15 »
Intalir caressa pensivement le ventre du chat étalé sur ses genoux. L'animal ronronnait consciencieusement, regardant le feu de cheminée d'un oeil endormi. Au dehors, la neige tombait en silence. Elle essaya de reprendre sa lecture mais les mots s'offraient à elle vides de sens. Ses pensées vagabondaient, ailleurs.
Il était loin l'automne où elle était arrivée en Arnor.
Elle se souvenait toujours très clairement de son entrée à Bree, bien qu'elle fût plutôt perdue à ce moment-là. Elle avait de suite croisé des Rôdeurs, sans le savoir bien sûr, et s'était sentie attirée par eux sans trop en comprendre les raisons. Ils l'avaient observée, mise à l'épreuve à son insu, puis reconnue comme une des leurs, et tout avait pris sens. Au final, point de hasard dans tout cela. Les choses sont parfois ce qu'elles doivent être.
Elle se demandait souvent ce qu'il était advenu de ses amis, ses frères. Depuis longtemps elle était coupée de tout. Etaient-ils vivants encore, morts au champ d'honneur?
Balborim, Belagorn.
Morgane et Ardamir. Fizur.
Ruster.
Sa main se crispa sur le pelage du chat, qui lui lança un regard accusateur.
Combien d'années à présent... Elle essaya de compter. Bientôt trente-cinq. Pourquoi avoir tenu si longtemps? Herilómë, bien sûr. Qui d'autre.
-
Herilómë.
Elle murmura son nom juste pour elle-même. Leur fille, leur fierté, fruit unique et tardif de leur indéfectible amour. Un esprit fort dans un coeur doux, bien plus que le sien ne le serait jamais, et des yeux verts comme ses chères forêts d'Arnor – ceux de son père. Née par une nuit claire où les étoiles illuminaient le ciel et les vastes prés du Rohan. D'où son nom, Herilómë Fëathalion*, qu'elle portait d'autant mieux avec les années.
Sans doute viendrait-elle la voir un de ces jours, ainsi qu'elle en avait l'habitude. Du moins si les routes n'étaient pas devenues impraticables, car la neige semblait avoir décidé de tomber indéfiniment. Cela lui était bien égal d'ailleurs, elle n'avait aucune envie de sortir et subvenait seule à ses besoins, comme toujours. Sa fille était un des rares contacts qu'elle avait avec l'extérieur, lui portant des nouvelles fraîches et surtout des livres, passionnants, qu'elle ramenait de ses pérégrinations. Lire était en effet devenu sa principale occupation et les chats sa seule compagnie. Et il n'y avait pour elle rien de triste là-dedans, bien au contraire. Quant aux gens du coin, ils n'avaient rien à lui apporter. Des ignares, qui contaient à son sujet des histoires presque dignes de celles de la reine Berúthiel. Herilómë lui avait rapporté avec un air malicieux le récit de la terrible sorcière entourée d'une horde de chats, ou encore celui de la très vieille Elfe vivant recluse au fond des bois et pleurant son peuple disparu au-delà des mers. Intalir avait maugréé contre leur imagination stérile, mais chaque récit n'en comportait pas moins sa part de vérité, aussi infime fût-elle. Elle soupçonnait d'ailleurs sa fille de les alimenter, et cette idée la faisait vaguement sourire.
L'opinion des autres sur son compte avait toujours été le cadet de ses soucis, et cela avait mieux valu. A Bree elle avait longtemps eu pour nom Livre-Fermé, ce qui en soi n'était pas pour lui déplaire, mais c'était sans compter les moeurs légères et les occupations douteuses dont on l'avait affublée.
Elle avait pourtant ri de tout cela. Elle servait à l'époque Aragorn, héritier d'Isildur, futur Roi d'Arnor et de Gondor, et rien d'autre n'importait.
Mais Aragorn était mort à présent. Arwen s'était éteinte, et Elrond était parti depuis fort longtemps, comme la plupart des Belles Gens. L'Espoir demeurait pourtant, mais l'espoir de quoi? Les temps avaient changé et la vie, depuis la mort de Ruster, perdu de son éclat. La relève était assurée, son rôle accompli, et seule restait la lassitude.
Une immense lassitude.
Elle regarda le chat sur ses genoux, ainsi que les autres, lovés un peu partout dans la petite demeure, et se demanda si ils la regretteraient.
Les chats sont un mystère.
Elle eut un petit rire et reprit sa lecture.
Les histoires ne prirent pas fin avec la mort de la vieille dame aux chats, qui donna au contraire lieu à d'étonnantes élucubrations. Mais quoi qu'on en dise, sachez qu'elle fut simplement trouvée dans son fauteuil, tranquille et comme endormie, un livre entrouvert sur les genoux.
C'est du moins ce qu'a raconté celle qui occupe à présent la maison des chats.
*En quenya heri = dame fëa = âme
lóme = nuit, nuit étoilée thalion = héros, homme sans peur (sindarin)
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Rilmë, voyageuse
Faë -->
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